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La mère des jumelles suisses enlevées par leur père a évoqué mardi un éventuel complice dans la région lyonnaise

Dans un entretien au journal en ligne 20 Minutes, Irina Lucidi a déclaré : "nous nous demandons si Matthias (prénom du père, ndlr) aurait pris un complice à l'aéroport de Lyon".La présence de Matthias Schepp dans la région de Lyon le dimanche 30 janvier à 19h38 a déjà été confirmée par la police grâce à la localisation de son téléphone.
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Les jumelles suisses disparues Alessia et Livia (AFP PHOTO/POLICE CANTONALE VAUDOISE/HO)

Dans un entretien au journal en ligne 20 Minutes, Irina Lucidi a déclaré : "nous nous demandons si Matthias (prénom du père, ndlr) aurait pris un complice à l'aéroport de Lyon".

La présence de Matthias Schepp dans la région de Lyon le dimanche 30 janvier à 19h38 a déjà été confirmée par la police grâce à la localisation de son téléphone.

"L'antenne-relais est dans la région et couvre le secteur en direction de l'aéroport", a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police cantonale vaudoise, Jean-Christophe Sauterel.

Des auditions de potentiels témoins ont été réalisées dans la région yonnaise, sans se révéler concluantes, selon une source proche de l'enquête qui ne confirme pas le passage du père à l'aéroport de Lyon.

Cette dernière déclaration de la mère d'Alissia et Livia intervient alors que plusieurs témoignages en Corse ont fait naître l'hypothèse d'une complicité du père des fillettes de six ans.

Une habitante de Propriano (Corse-du-Sud) affirme avoir vu, le 1er février au matin, le père et les fillettes en compagnie d'une femme.

La femme "était âgée de 45-50 ans et portait un trois-quarts noir, un pantalon blanc et avait les cheveux châtain avec des mèches", a raconté ce témoin, Olga Ornec.

A Macinaggio, un habitant d'une soixantaine d'années a également indiqué s'être garé, le 1er février, à côté d'un véhicule "sale et boueux" immatriculé en Suisse sur le parking de la capitainerie. Selon lui, une femme blonde était assise côté passager tandis qu'un homme, qu'il a décrit comme étant Matthias Schepp, était au volant. Ce témoin dit n'avoir remarqué personne à l'arrière de la voiture.

Les recherches des deux fillettes se sont concentrées en Corse ces derniers jours après des témoignages attestant de leur présence sur l'île de Beauté le 1er février.

Leur mère a fait un aller-retour sur place le week-end dernier pour aider les enquêteurs.
Ces derniers avaient sollicité l'assistance d'Irina Lucidi pour les recherches des jumelles Alessia et Livia Schepp, âgées de six ans.

Irina Lucidi a renouvelé son appel à témoins. "J'espère toujours que mes filles sont en vie car elles ont été vu vivantes en Corse", a-t-elle dit, très émue.

Mme Lucidi, arrivée dimanche matin à Ajaccio avec son frère, avait rapidement embarqué à bord d'un hélicoptère avec des enquêteurs suisses et français, qui avaient sollicité son assistance.

L'appareil a survolé diverses zones du sud de l'île, notamment Porto-Vecchio sur la côte orientale et Pianottoli près du golfe de Figari, avant de remonter vers le nord pour inspecter le village de Macinaggio et la plage de Tamarone dans le Cap Corse.
Des lieux qui correspondent soit à des escales effectuées par la famille lors d'une croisière autour de l'île en 2008, soit à des signalements recueillis par les enquêteurs.

Deux policiers suisses avaient rejoint la Corse samedi pour épauler leurs collègues français dans la recherche des fillettes. Ensemble, ils ont survolé les environs de Porto-Vecchio en hélicoptère et plusieurs régions de Corse où Mathias Schepp s'était rendu ces dernières années en famille.

Plusieurs appels à témoins
La police a lancé un nouvel appel à témoin vendredi 11 février dans le cadre de l'enquête sur les deux jumelles disparues.

"Toute personne qui aurait vu Matthias Schepp (le père) accompagné ou pas d'Alessia et Livia entre le 31/01/2011 et le 1/02/2011 en Corse" est priée "de prendre contact" avec la PJ de Marseille ou d'Ajaccio

Vendredi, la mère a imploré la police de "continuer à chercher ses filles" malgré une lettre de son ex-mari dans laquelle il affirme avoir tué ses deux filles.

Le père des jumelles suisses disparues a déclaré "avoir tué" ses filles dans une lettre datée du 3 février dans laquelle il annonce qu'il "va se donner la mort", courrier envoyé depuis Bari, dans le sud de l'Italie, a indiqué la police suisse vendredi.

Côté suisse, "les enquêteurs de la police cantonale vaudoise ont pris connaissance le 8 février de huit lettres envoyées par le père des jumelles depuis Bari selon le timbre postal adressées à son épouse", a déclaré le porte-parole de la police cantonale vaudoise, Jean-Christophe Sauterel. Sept de ces enveloppes contenaient de l'argent.

Un premier appel à témoin avait été précédemment lancé, invitant toute personne en possession de renseignements à composer le numéro suivant : 00.41.21.644.82.31.

Le père avait surfé sur des sites traitant de poison
Le père des soeurs jumelles suisses disparues avait consulté des sites internet sur des voyages sur la Corse ainsi que des sites traitant de suicide, de poison et d'armes à feu, selon l'oncle des fillettes, cité jeudi par l'ATS. "On ne peut pas exclure qu'il y ait eu des préparatifs", a déclaré le porte-parole de la police cantonale vaudoise, Jean-Christophe Sauterel.

Rappel des faits
Le père des fillettes, Matthias Schepp, un Suisse de 43 ans, qui vivait mal sa séparation d'avec sa femme italienne Irina Lucidi, 44 ans, mère des jumelles, n'a pas ramené Livia et Alessia dont il assurait la garde le week-end du 29-30 janvier et les a enlevées dimanche 30 janvier dans le canton de Vaud (ouest de la Suisse) à bord de la voiture de son ex-épouse.

Depuis, les polices française, italienne et suisse tentent de recomposer le puzzle de son voyage de Saint-Sulpice en Suisse jusqu'à Cerignola (sud de l'Italie) où il s'est suicidé le 3 février, en se jetant sous un train.

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