La Cour des comptes tance les écoles de commerce

La juridiction financière estime notamment "insuffisants" les efforts de ces établissements en matière de mixité sociale.

D\'après le rapport de la Cour des comptes qui a contrôlé 17 établissements, six élèves d\'écoles de commerce sur dix ont des parents ingénieurs, commerçants, cadres ou chefs d\'entreprise.
D'après le rapport de la Cour des comptes qui a contrôlé 17 établissements, six élèves d'écoles de commerce sur dix ont des parents ingénieurs, commerçants, cadres ou chefs d'entreprise. (NICOLAS THIBAUT/PHOTONONSTOP/AFP)

Hausse des coûts, mixité sociale "insuffisante", profusion illisible de diplômes… Les écoles de commerce se font épingler par la Cour des comptes dans un pré-rapport confidentiel publié par Le Monde vendredi 28 décembre.

La Cour a contrôlé 17 établissements, des plus prestigieux (HEC, Essec…) aux plus modestes. Et le constat est sans appel : malgré des "évolutions importantes et positives", il reste du chemin à faire, notamment en terme de diversité sociale. Ainsi, pointe le rapport, six élèves sur dix ont des parents ingénieurs, commerçants, cadres ou chefs d'entreprise. En outre, les écoles de commerce n'accueillent que 18% de boursiers en première année, contre 37% à l'université. HEC, par exemple, "ne compte que 7% de boursiers, alors que l'école en revendique 15,3%", relève Le Monde. L'institution critique par ailleurs "les écoles les plus prestigieuses, qui ont le moins de boursiers d’État" alors que ce sont "celles qui ont le plus de moyens pour accorder des bourses complémentaires", note Le Figaro.

 

Plus chères et plus grosses

Pour ces établissements, la course effrénée à la renommée internationale est devenue un enjeu primordial. Mais elle coûte cher. Les établissements ont ainsi été "amenés à accroître leurs ressources propres, notamment les droits de scolarité, et augmenter leur taille pour pouvoir amortir le coût de leurs investissements", souligne la Cour des comptes, citée par Le Monde. Les droits acquittés par les étudiants (de l'ordre de 10 000 euros par an) représentent aujourd'hui 58% de leurs financements, note le rapport.

La Cour demande donc à l'Etat de "s'attacher à étudier les moyens […] permettant à tout jeune Français […] d'avoir accès aux formations dispensées, sans discrimination par l'argent", en "compensant" l'augmentation des droits de scolarité "par des systèmes de bourses, de prêts ou d'apprentissage".