La 6e Journée mondiale contre l'homophobie, célébrée lundi dans le monde, donnera lieu à une vaste opération de Kiss-in

La campagne 2010, qui porte sur le thème "Religions, homophobie, transphobie", est marquée par un appel, visible sur internet, aux religions pour dénoncer les violences à l'encontre des homosexuels.La France a annoncé son intention de demander à l'Organisation mondiale de la Santé de retirer le transsexualisme de la liste des maladies mentales.

Kiss in sur l\'esplanade du Trocadero à Paris à l\'occasion de la 6e journée mondiale contre l\'homophobie
Kiss in sur l'esplanade du Trocadero à Paris à l'occasion de la 6e journée mondiale contre l'homophobie (AFP / JACQUES DEMARTHON)

La campagne 2010, qui porte sur le thème "Religions, homophobie, transphobie", est marquée par un appel, visible sur internet, aux religions pour dénoncer les violences à l'encontre des homosexuels.

La France a annoncé son intention de demander à l'Organisation mondiale de la Santé de retirer le transsexualisme de la liste des maladies mentales.

C'est à la date du 17 mai 1990, que l'OMS a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales.

Les ministères de la Santé et des Affaires étrangères écrivent, après leur demande sur la reconnaissance de la transsexualité, lundi, "La lutte contre les violations des droits de l'Homme fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre est l'un des axes de la politique de la France en matière de droits de l'Homme".

Lancée en 2004 par l'intellectuel français Louis-Georges Tin, président du comité Idaho (International Day against Homophobia and Trans), cette journée est célébrée dans plus de 50 pays, des centaines d'associations de lesbiennes, gays, bisexuels et transexuels (LGBT), ayant rejoint l'ONG Idaho.

Débats, manifestations, expositions, actions de rue et campagnes de sensibilisation sont organisés chaque année à cette occasion.

"Notre intention est de combattre l'intégrisme et le fondamentalisme en promouvant des voix progressistes qui refusent l'utilisation d'arguments religieux pour perpétrer la violence et la haine", explique Louis-Georges Tin. En effet, "les violences homophobes et transphobes sont souvent le fait de personnes qui utilisent les religions pour justifier leurs positions", souligne en préambule le texte de cet appel. Pourtant, la religion ne doit pas être un "outil d'oppression" mais plutôt un "instrument de libération et de construction de paix entre les peuples", ajoute le texte, soulignant que "toutes les religions doivent constituer des lieux de sécurité pour tous les êtres humains".

Sept pays punissent l'homosexualité de la peine de mort et 80 d'une peine de prison.

Les cinq sénateurs Verts ont déposé lundi une proposition de résolution européenne "pour le respect des droits des personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT)", indique la première signataire du texte, Alima Boumediene-Thiery.

Cette résolution "vise à faire insérer une clause de non-discrimination en raison de l'orientation sexuelle dans l'Accord de Cotonou", précise la sénatrice. Cet accord qui porte sur les relations, le développement et le dialogue politique, doit être signé en juin à Ouagadougou.

Une vaste opération de Kiss-in a été lancée dans de nombreuses villes d'une vingtaine de pays participants, dont Paris, Londres, Berlin, San Francisco ou Shangaï. Les volontaires sont invités à filmer leurs embrassades en faisant preuve de créativité et à envoyer leur séquence vidéo au comité Idaho via internet. La rediffusion en ligne d'une "vidéo globale" est prévue lundi.

En France, la secrétaire d'Etat chargée des Sports, Rama Yade, devait tenir lundi une réunion avec des représentants d'associations LGBT et du mouvement sportif et la participation de Gareth Thomas, joueur le plus capé de l'histoire du rugby gallois, qui a fait son coming out en décembre pour révéler son homosexualité, un cas très rare pour un sportif en activité.

Autre initiative à Bercy, une troupe théâtrale jouera lundi des sketches dans des endroits fréquentés du ministère pour attirer l'attention sur l'homophobie. A l'Assemblée nationale, un colloque est prévu sur les religions et l'homophobie tandis que l'Organisation de coopération et de développement économique se penchera sur l'homophobie au travail.

A Paris et en province, une campagne de collecte de fonds via SMS sur un numéro payant au profit d'associations de lutte contre l'homophobie en milieu éducatif est organisée par un collectif de citoyens contre l'homophobie, avec l'affichage dans des lieux publics d'un panneau Entrée payante.