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L'armée française subit une "désorganisation généralisée"

Les sénateurs font le bilan de la réforme de 2009 de la Défense. Résultats : des économies mais une déstabilisation des militaires.

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France Télévisions
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Le but de la réfome de la Défense débutée en 2009 est de mutualiser les moyens de l'armée pour faire des économies (un objectif de 6,6 milliards d'euros). (JODY AMIET / AFP)

La pilule a du mal à passer pour les militaires. Engagée en 2009, la réforme de la Défense bouscule l'armée française, selon un rapport sénatorial rendu public mercredi 11 juillet. Et la conclusion de sénateurs est sans appel : "une impression de désorganisation généralisée", comme le rapporte Le Monde (article payant). 

Le but de cette réfome est de mutualiser les moyens de l'armée pour faire des économies (un objectif de 6,6 milliards d'euros). Soixante bases de défense ont été créées regroupant régiments, formations et services dans une même région. Les personnels, les achats, le transport, la restauration, l'entretien sont ainsi mis en commun. Dix mille emplois ont déjà été économisés. 

Un vrai choc culturel pour les militaires, plutôt habitués à la "règle séculaire 'un chef, une mission, des moyens''", rapporte Le Monde. Trente mille personnes (militaires et civils) ont ainsi quitté leur armée d'origine pour rejoindre une base donnée. Résultat selon les sénateurs : c'est la "cacophonie zonale" qui provoque "désarroi". Et les parlementaires citent nombre d'"exemples rocambolesques", conséquences de cette réforme. 

"Plus personne ne s'y retrouve"

Le nouveau service de paie a eu des ratés. Aux achats, "plus personne ne s'y retrouve, les délais de paiement s'allongent, avec un arriéré de 18 000 factures, les PME se plaignent, les bases jonglent avec les procédures et les interlocuteurs". Le Monde cite aussi l'exemple d'un militaire de Carcassonne qui dépend de Toulon pour la plateforme achats-finances mais de Bordeaux pour sa reconversion et de Lyon pour l'action sociale. Pour faire des économies, certains bureaux ne sont plus chauffés. Ou encore la base de Metz-Frescaty, évaluée dans un premier temps à 20 millions d'euros qui devrait finalement partir pour un euro symbolique. Se rajoute à cela, la nouvelle carte militaire et ses fermetures de casernes qui accentue la desertification économique et sociale, notamment en Moselle et dans la Meuse. 

"On peut se demander si, dans une volonté de trancher dans le vif, le ministère de la Défense n'a pas mis en danger l'équilibre même du schéma initial", estiment les sénateurs. Quelle solution ? "Les militaires et civils ont absorbé un choc terrible, il faut leur dire quel en est le sens. Il faut asseoir la réforme", préconise le rapporteur (PS) Gilbert Roger.

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