L'absence du président Nicolas Sarkozy à l'inauguration du Salon de l'agriculture samedi a suscité des critiques

C'est le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire qui a donné le coup d'envoi de la 47e édition qui s'est ouverte sur fond de chute des revenus agricoles et d'inquiétudes pour l'avenir de milliers d'exploitants.Pour Martine Aubry (PS), Nicolas Sarkozy a montré son "mépris des agriculteurs" et François Bayrou (MoDem) y a vu "un geste d'abandon".

Le ministre de l\'Agriculture Bruno Le Maire a inauguré le salon de l\'agriculture à Paris le 27 février 2010.
Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a inauguré le salon de l'agriculture à Paris le 27 février 2010. (France 3)

C'est le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire qui a donné le coup d'envoi de la 47e édition qui s'est ouverte sur fond de chute des revenus agricoles et d'inquiétudes pour l'avenir de milliers d'exploitants.

Pour Martine Aubry (PS), Nicolas Sarkozy a montré son "mépris des agriculteurs" et François Bayrou (MoDem) y a vu "un geste d'abandon".

Dans le but de rassurer les agriculteurs mécontents, Bruno Le Maire a réaffirmé que le chef de l'Etat se rendrait au salon le week-end prochain avec des "annonces", et s'engagerait au niveau européen pour une "PAC forte". "Il y aura des annonces et il y aura surtout, ce qu'attendent les agriculteurs, le signe très clair de la part du président de la République de sa volonté de s'engager dans le débat européen", a dit le ministre sur RTL, après avoir inauguré le salon dans la matinée. La révision de la PAC (politique agricole commune), à partir de 2013, devrait donner lieu à de vifs affrontements entre Européens.

Samedi matin, le ministre de l'Agriculture a débuté sa visite inaugurale en allant saluer la mascotte Aïda, la vache salers qui fait l'affiche du salon. Peu accoutumée à cette soudaine célébrité, Aïda, qui vit toute l'année en plein air, a fait savoir qu'elle appréciait peu ces honneurs et les flashs des photographes. Très souriant, Bruno Le Maire a pris tout son temps pour discuter avec des agriculteurs venus lui parler de leurs difficultés. Prenant beaucoup de retard sur son programme de visite, le ministre a multiplié les arrêts auprès des éleveurs de Limousines, Charolaises, Rouge des prés, Villars de Lens, Prim'Holstein... A chaque fois, il s'est montré soucieux de savoir comment les agriculteurs valorisaient leur production, le lait comme la viande.

L'absence de Sarkozy à l'inauguration peu appréciée
La 47e édition du Salon de l'agriculture devrait être marquée par plusieurs mouvements de protestation face aux difficultés croissantes que rencontre le secteur agricole. Une grogne attisée par l'absence de Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration du salon 2010, samedi. Cette année, le Président parti en week-end en famille au Cap Nègre, ne viendra que pour la clôture, et a donc passé le relais au ministre de l'Agriculture.

Nicolas Sarkozy aurait dû venir dès l'ouverture afin de manifester son soutien aux paysans, a estimé le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer. "Cela aurait été un signe de sa volonté de défendre cette profession", a estimé le responsable du plus grand syndicat agricole français sur Europe 1. Pour lui, "le président Sarkozy a beaucoup de difficultés avec la campagne, avec le monde paysan".

Ce n'est pas l'avis du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, qui assurait à la veille de l'ouverture que Nicolas Sarkozy était "à l'écoute" des agriculteurs et leur apporterait des "signes de soutien fort" au Salon. "En se réservant pour la fermeture, Nicolas Sarkozy s'est réservé "une possibilité de ramasser tous les débats qui auront eu lieu pendant la semaine, d'être à l'écoute des propositions, des inquiétudes, et de faire un certain nombre de propositions".

La première secrétaire du PS a estimé dimanche dans Aujourd'hui en France/Le Parisien que Nicolas Sarkozy a montré son "mépris des agriculteurs" en n'inaugurant pas le salon. Martine Aubry, qui s'y rend mercredi, a estimé que "s'il y a un domaine où l'Etat doit jouer son rôle de régulateur, c'st bien celui-là".
Pour le président du MoDem, son absence est un "geste d'abandon, de désinvolture, un geste d'oubli" adressé aux agriculteurs. "S'il y avait une année où il fallait que le président de la République soit là à la première minute, et passe toute la journée (au salon, ndlr)... S'il y avait une année, c'était cette année", a poursuivi François Bayrou qui s'est rendu dimanche porte de Versailles, à Paris.

Les rendez-vous programmés
Lundi, l'association des producteurs laitiers indépendants et la Coordination rurale organisent un "forum", tandis que la Confédération paysanne a projeté de se faire entendre mercredi. Le même jour, Jean-Michel Lemétayer devrait rencontrer le chef de l'Etat "pour lui faire part de la réalité de la situation" des agriculteurs et ce qu'ils attendent de lui, "notamment sur le plan européen". Il entend également lui demander "à ce que soit complété le plan de soutien" à l'agriculture. "Le ballon d'oxygène que nous avons obtenu est insuffisant parce qu'il y a de fortes demandes chez les banquiers", a souligné vendredi le président de la FNSEA. "C'est maintenant que les producteurs ont besoin de trésorerie", a-t-il insisté.

1000 exposants, 3.500 animaux
Le salon se tient à Paris, Porte de Versailles, jusqu'au 7 mars. Surnommé "la plus grande ferme de France", il espère accueillir quelque 700.000 visiteurs. la 47e édition accueille 1.045 exposants venus de 25 pays dont quatre nouveaux, la Norvège, la République démocratique du Congo, la Belgique et le Canada. Quelque 3.500 animaux sont exposés, dont la mascotte du Salon 2010, Aïda, une vache de race Salers à la robe acajou.

Voir aussi Le site du Salon de l'agriculture