Syrie : plusieurs associations, dont 13onze15 Fraternité et vérité, lancent un appel au rapatriement de 200 enfants français et leurs mères

"Ces enfants ne sont coupables de rien : ils sont au contraire doublement victimes, du choix de leurs parents d’abord, et de l’abandon de leur pays ensuite", insistent les associations. 

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Radio France
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Des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes sortis de Baghoz, le dernier bastion jihadiste en Syrie, ont été déposés au camp de Al Hol à quelques heures de route, le 23 février 2019. (CHRIS HUBY / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Plusieurs associations dont 13onze15, Fraternité et vérité, la Ligue des droits de l'Homme, Human Rights Watch et Amnesty International, "appellent solennellement la France à rapatrier les enfants français et leurs mères détenus dans les camps du nord-est syrien dans les plus brefs délais", dans une déclaration commune publiée lundi.

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Pour les signataires de ce texte, "ces enfants ne sont coupables de rien : ils sont au contraire doublement victimes, du choix de leurs parents d’abord, et de l’abandon de leur pays ensuite", insistent les associations. Selon elles, "les laisser grandir et prendre le risque qu’ils périssent dans des camps sordides est indigne d’un pays comme la France".

Des vies en danger

Les associations demandent à être reçues par le président de la République et rappellent qu'"abandonner" ces enfants dans les camps "contribuera à fabriquer de la radicalisation". "Il s'agit de prévention de la radicalisation. Il faut que tout soit fait pour que l'éducatif et la santé prévalent", insiste lundi 23 mai sur franceinfo Philippe Duperron, président de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité. 

Les associations réclament aussi le rapatriement des mères jihadistes. "Leur rancoeur envers le pays ne fera que croitre", si on les laisse dans ces camps, soutient-il. "Ça n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles."

La France peut être considérée comme "complice de leur détention illégale et de leur punition collective", ajoutent les associations. "Depuis plus de trois ans désormais, 200 enfants français et leurs mères sont détenus dans le nord-est syrien par les autorités régionales kurdes dans les camps Roj et Al Hol", détaillent-elles.

Les associations mettent l'accent sur l'urgence de la situation car "la plupart de ces enfants avaient 2 ou 3 ans en entrant dans ces camps, et certains y sont nés. Depuis lors, ils grandissent entourés de barbelés, dans la boue ou la poussière, et dorment sous des tentes de fortune été comme hiver". Elles dénoncent "les conditions de vie désastreuses : les enfants manquent de soins adaptés, ne bénéficient d’aucun soutien psychologique, et ne sont pas scolarisés. Selon les Nations unies, des centaines de personnes détenues à al-Hol et Roj - dont au moins la moitié sont des enfants- sont déjà mortes ces trois dernières années, notamment en raison du manque de soins médicaux, de l’insalubrité, d’accidents comme des incendies de tentes et de l’insécurité grandissante".

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