Mais que font les jihadistes français en Syrie ?

Ils combattent, ils surveillent des prisonniers ou des positions stratégiques, ou s'occupent de tâches subalternes… Francetv info liste les différents rôles qui peuvent être attribués aux Français partis mener le jihad. 

Des combattants de l\'Etat islamique à Al-Hasakah (Syrie), le 11 juin 2014.
Des combattants de l'Etat islamique à Al-Hasakah (Syrie), le 11 juin 2014. (ALBARAKA NEWS / AFP)
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Ils sont environ 350 Français à mener le jihad en Syrie. Au total, 950 citoyens français sont impliqués de près ou de loin dans les filières jihadistes syriennes, selon un décompte établi à la mi-août par le député PS Sébastien Pietrasanta, rapporteur du projet de loi sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme.

Cent quatre-vingts de ces personnes sont déjà rentrées de Syrie tandis que près de 220 autres auraient des velléités de départ et que 150 seraient en transit vers le territoire syrien. Mais quel est leur rôle une fois sur place ? Sont-elles directement envoyées sur le front ? Francetv info liste les rôles qui peuvent être attribués aux jihadistes français.

Ils combattent

Les missions de ces Français "peuvent être très différentes", dit le juge Marc Trévidic, spécialiste des filières islamistes, interrogé par Le Point, "mais la plupart, bien sûr, combattent". C'est le cas par exemple de Nicolas Bons, un jeune Toulousain mort en janvier dans une opération kamikaze. Son frère Jean-Daniel, qui l'avait accompagné en Syrie, était mort quelques mois plus tôt, rappelle Le Monde.

Ils enterrent les morts

Comme le raconte le juge Trévidic dans Le Pointles candidats au jihad français qui sont rentrés "témoignent de scènes abominables". Il ajoute : "Certains ont été témoins, ou directement acteurs, d'atrocités." Il raconte notamment le cas d'un Français "chargé d'être fossoyeur : pendant trois mois, il a enterré des cadavres". Dans ce document vidéo de BFMTV, on voit aussi des jihadistes francophones embrigadés par l'Etat islamique traîner les corps de rebelles syriens avant d'aller les enterrer. 

Ils surveillent

D'après Le Parisien (article payant), les jihadistes français seraient pour la plupart cantonnés à des tâches subalternes. "Quand on compare le taux de mortalité des jihadistes selon leur pays d'origine, on est à 8% pour les Français contre 20% pour les autres, explique un agent des services de renseignement. Donc soit ils sont très bons sur le terrain, soit ils sont peu utilisés." 

"Les Français servent très peu de chair à canon", confirme l'islamologue Mathieu Guidère à Europe 1. Ils se retrouvent alors à garder des positions stratégiques, comme des barrages, ou à surveiller des prisonniers, comme le faisait Mehdi Nemmouche, qui aurait été le geôlier d'otages français.

Ils font les tâches ménagères 

Selon Mathieu Guidère, les activités des jihadistes français peuvent aller de la préparation de rations au nettoyage des armes, en passant par la gestion des munitions. Quant aux femmes, qui peuvent elles aussi rejoindre les jihadistes, "elles suivent un entraînement de trois semaines environ" à leur arrivée, indique au Figaro David Thomson, auteur des Jihadistes français.

"Elles apprennent à manier des armes, du type kalachnikov, fusil, pistolet, etc. Mais attention, elles ne sont pas destinées à se battre. (...) Au quotidien, elles s'occupent de leur mari et de leurs enfants. Elles jouent le même rôle qu'elles auraient eu en France", précise ce journaliste de RFI et France 24. L'objectif pour elles est d'élever les futurs combattants du jihad.