Dans l’Orne, le Médicobus plus que jamais indispensable face au manque de médecins généralistes

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Depuis sa mise en place en octobre 2020, le Médicobus ne désemplit pas. Il est devenu pour de nombreux habitants de l’Est du département de l’Orne, le seul lien avec un généraliste. Un cabinet médical mobile qui a de beaux jours devant lui alors que le nombre de médecins continue de baisser. #IlsOntLaSolution

Il fait désormais partie du paysage. Chaque mercredi à Vimoutiers, le Médicobus est stationné au centre du village pour une journée de consultation. Un cabinet médical mobile aujourd’hui indispensable dans cette petite commune qui a perdu trois médecins généralistes en seulement six mois. A bord aujourd’hui, le Docteur Maryannick Jaouen Ravasse, retraitée depuis trois ans, mais qui a repris du service une fois par semaine : "Je vais voir entre vingt-huit et trente patients dans la journée. Au début ça a eu un peu de mal à démarrer, mais après c’est rentré dans les mœurs, et ici ça marche très bien".

Car trois médecins en moins, ce sont environ 4000 personnes des environs qui se sont retrouvées sans médecin traitant. Et l’hémorragie continue, le Médicobus (initiative de la région Normandie en relation avec les acteurs de la santé du département de l'Orne, la préfecture et l’Agence régionale de santé), déjà présent sur cinq communes, va rajouter une escale sur sa tournée hebdomadaire, à L’Aigle où deux médecins doivent partir d’ici quelques mois. Au niveau du département, ce sont plus de douze mille habitants qui sont sans médecin traitant.

Actuellement, nous avons 24% de nos médecins qui ont plus de 65 ans dans le département de l’Orne. On a perdu plus de 80 médecins en 10 ans.

Docteur Jean-Michel Gal

Président de l'Association Médicobus

Cabinets virtuels

Alors évidemment, dans l’Orne comme ailleurs dans ces déserts médicaux, la solution serait l’installation de jeunes praticiens. En attendant, il faut donc compter sur des alternatives. Et parmi elles, une solution s’impose de plus en plus dans les territoires ruraux, celle des cabinets médicaux virtuels, installés dans la mairie, le centre social ou encore dans l’Ehpad de la commune. Les téléconsultations se déroulent à l'aide de bornes connectées, comme dans la commune de Beaugency dans le Loiret.  

TELECONSULTATION_CCAS
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Risque pour les patients ?

Pour beaucoup de professionnels, la solution des cabinets médicaux mobiles comme le Médicobus est à privilégier, surtout dans ces zones où de nombreuses personnes sont isolées et pour beaucoup, peu ou pas du tout à l’aise avec les technologies. D'où le risque de voir des gens se couper de tout médecin. Pour eux, la téléconsultation ne doit pas être la solution miracle. Il y a quelques mois sur France 2, Jean-Paul Hamon, le président d'honneur de la Fédération des médecins de France, en dénonçait les limites : "Vouloir généraliser la téléconsultation, en faire une solution à la désertification médicale, c'est prendre beaucoup de risques avec les patients. C'est une dégradation de la qualité de prise en charge des patients."    

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