Seine-Saint-Denis : des personnels éducatifs publient une lettre poignante après le meurtre de deux élèves en deux mois

Les enseignants du lycée d'Alembert d'Aubervilliers ont exercé leur droit de retrait lundi et mardi. Ils réclament des moyens pour "assurer la sécurité et l'éducation des élèves".

Au lycée d\'Alembert d\'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), deux élèves sont morts en deux mois. 
Au lycée d'Alembert d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), deux élèves sont morts en deux mois.  (GOOGLE STREET VIEW)

"Deux morts en deux mois, que fait l'Etat ?" Sous le choc après le meurtre de deux élèves, une centaine de parents et d'enseignants se sont rassemblés, mercredi 28 novembre au soir, devant le lycée d'Alembert d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). "Ces deux morts ne sont que les versants les plus dramatiques de la violence quotidienne que subissent nos élèves", a déclaré un représentant des personnels, sur le parvis de ce lycée professionnel.

Dans une lettre poignante, les personnels du lycée d'Alembert expliquent : "Jour après jour, nous recevons le récit d'agressions, de menaces, de violences dont ils sont les victimes." Des agressions, récurrentes, qu'ils détaillent dans la suite du courrier. "On nous répond que l'école n'a souvent rien à voir avec cette situation, que ces actes n'ont pas lieu dans l'établissement. (...) Nous ne supportons plus ce fatalisme", poursuivent-ils. 

Un droit de retrait lundi et mardi

Les personnels mobilisés ont exercé leur droit de retrait lundi et mardi. Ils réclament des moyens pour "assurer la sécurité et l'éducation des élèves". Parmi leurs demandes : deux postes de surveillants et un CPE supplémentaires, le classement du lycée en zone d'éducation prioritaire, comme le collège attenant, ou la rénovation des locaux.

Le 4 octobre, Kewi, 15 ans, avait été mortellement poignardé aux Lilas en marge d'un cours d'EPS, sur fond de rivalités entre quartiers. Samedi, c'est Djadje, 19 ans, qui est mort des suites de ses blessures, après avoir été poignardé en bas de son immeuble de Saint-Ouen. Rien n'indique, pour l'instant, que les deux meurtres soient liés. Depuis la rentrée, "au moins 20 élèves ont subi des agressions", selon les personnels éducatifs.