Paris : le préfet de police opposé au projet de réaménagement autour de la tour Eiffel

Dans un courrier transmis à la maire de Paris, Didier Lallement s'oppose fermement au projet de réaménagement entre le Trocadéro et la tour Eiffel.

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La tour Eiffel vue depuis l'esplanade du Trocadéro, le 21 mars 2022, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Nouvelles tensions entre la mairie de Paris et l'Etat. Le préfet de police, Didier Lallement, a informé la maire de Paris, Anne Hidalgo, de son "opposition" au projet contesté de réaménagement entre le Trocadéro et la tour Eiffel qui causerait, selon lui, d'importants problèmes de circulation. "Je vous informe de mon opposition à ce projet de restriction de la circulation dans le secteur de la tour Eiffel, tel qu'il a été adopté au Conseil de Paris", écrit le préfet dans un courrier daté de mardi, révélé vendredi 13 mai par Le Parisien et dont l'AFP a eu connaissance.

"Par conséquent, je ne cosignerai aucune mesure réglementaire formalisant une modification de la police de circulation et du stationnement liée à ce projet", ajoute-t-il. Le projet "OnE" choisi en 2019, pour lequel la mairie table désormais sur un budget de 107 millions d'euros, a été adopté début février par la majorité de gauche au pouvoir à Paris. Il vise notamment à la réduction de la place de la voiture de part et d'autre du pont d'Iéna, appelé à devenir "le premier pont végétalisé de Paris", ainsi que sur la création d'un "amphithéâtre végétalisé" place du Trocadéro, où la circulation sera réorganisée en demi-lune, et d'une promenade plantée sur le quai Branly.

Le maire adjoint "très surpris de ce revirement"

"La fermeture à la circulation générale du pont d'Iéna générera des reports de circulation importants sur les ponts de l'Alma, Grenelle et Bir-Hakeim et, dans une moindre mesure, sur les ponts Alexandre III et de la Concorde", affirme le préfet, s'appuyant sur les résultats d'une étude commandée par la mairie en février 2020. Sur la place du Trocadéro, le nouvel aménagement entraînera aussi "des retenues" sur les voies qui la desservent et pourrait gêner l'intervention des secours "en cas de sinistre au Palais de Chaillot", dit-il.

Contacté par l'AFP, le maire adjoint (PS) à l'urbanisme Emmanuel Grégoire s'est dit "très surpris de ce revirement", qu'il estime "politique", "sachant que la préfecture de police a rendu des avis favorables à toutes les étapes du projet". Anne Hidalgo "entend parler directement de ce sujet avec le futur gouvernement" afin de "régler politiquement" plutôt que juridiquement le dossier, ajoute le premier adjoint.

Fin avril, l'abattage prévu au pied de la tour Eiffel d'une vingtaine d'arbres, dont certains très vieux, dans le cadre du projet "OnE" pour permettre la construction de bagageries et de locaux pour les employés, a suscité une telle polémique que la mairie de Paris a fini par y renoncer. A l'automne, une consultation du public par voie électronique avait recueilli 6 000 contributions dont la très grande majorité avait exprimé une opposition au projet.

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