Vidéo Le jour où Robert Badinter a prononcé son discours pour l'abolition de la peine de mort

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Le jour où Robert Badinter a prononcé son discours pour l'abolition de la peine de mort
FRANCE 2
Article rédigé par
J.Wittenberg, J.M- .Lequertier, PH Maire, G.GHEORGITHA, J. -A Balcells, N.Beddiaf, N.Numilla, N.Alozian, R.D'Angelo, B.Coene, B. De Saint Jore - France 2
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Il y a 40 ans, l'ancien avocat devenu ministre de la Justice Robert Badinter annonçait son projet de loi concernant l'abolition de la peine de mort, malgré l'opposition d'une majorité de Français. Un discours historique mettant un point d'orgue à deux siècles d'abolitionnisme français. Aujourd'hui, il raconte.

Au moment du vote de la loi, le 18 septembre 1981, la France est le dernier pays de la CEE (future Union Européenne) à ne pas avoir encore aboli la peine de mort, avec l'Irlande. Six exécutions ont eu lieu dans les années 1970 dont une qui a particulièrement marqué Robert Badinter, avocat à l'époque. Celle du procès Buffet-Bontems, qui condamne deux hommes à mort pour la prise d'otage sanglante qu'ils avaient organisée un an plus tôt à la prison de Clairvaux (Aube) où ils étaient détenus.

A l'époque, cette affaire horrifie la France entière. Les deux accusés seront exécutés à la prison de la santé, le 28 novembre 1972, alors que l'un d'entre eux, Roger Bontems n'avait été reconnu coupable que de complicité. Cet événement marque un déclic dans l'esprit de Robert Badinter, avocat du prévenu à l'époque. "Je me suis juré, ayant vu cet homme se faire exécuter, que je passerai du stade de la conviction d'abolitionniste au stade du militantisme."

Contre vents et marées

En 1981, l'abolition de la peine de mort connaît un allié de taille. Le futur président de la République, François Mitterrand, qui a ouvertement donné sa position contre la peine de mort lors de sa campagne à l'élection présidentielle. Fraîchement élu, c'est ce projet de loi qui est le premier présenté au Parlement. Robert Badinter prononce donc son discours dans une salle d'un calme saisissant. Un moment qui restera gravé à vie dans l'histoire française. 

"Une longue marche s'achève aujourd'hui", affirme à l'époque le ministre de la Justice, reprenant les propos du rapporteur de la loi sur l'abolition de la peine de mort, Raymond Forni.

Aujourd'hui, il revient sur cette journée historique. "J'ai eu beaucoup de chance, il y a peu de personnes qui ont eu la chance d'être appelé à défendre une grande cause à laquelle vous croyez. Moi de mon vivant, j'aurais vu triompher cette cause. La cause de l'abolition, c'est la cause de la vie", confie l'ex garde des Sceaux, non sans émotion. Une conviction qu'il ne lâchera pas, en dépit d'une opinion publique en désaccord, qui fera de lui très longtemps le ministre le plus détesté selon ses propres mots.

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