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Henri Guaino, une plume à l'Assemblée

L'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a réussi son parachutage dans la 3e circonscription des Yvelines. Il a réuni 61,85% des voix, devançant largement la socialiste Fabienne Gelgon-Bilbault.

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Henri Guaino au marché de La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), le 9 juin 2012. (MARTIN BUREAU / AFP)

De l'ombre à la lumière. A 55 ans, Henri Guaino a été élu député pour la première fois de sa carrière dimanche 17 juin, après avoir passé cinq ans comme conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, dont il a écrit nombre de discours.

Le candidat UMP, décrit pendant sa campagne comme un "candidat empoté" par Le Monde, peut se targuer d'avoir récolté le meilleur score du département (61,85%) en battant la socialiste Fabienne Gelgon-Bilbault. 

Dans les pas de Sarkozy

"Je ressens une certaine satisfaction à avoir déjoué les pronostics qui me donnaient perdant", s'est-il enorgueilli dimanche soir. Reste qu'il a bénéficié, entre les deux tours, du retrait du candidat UMP parti en dissidence, Olivier Delaporte, maire de La Celle-Saint-Cloud. 

Et si son parachutage a créé des remous, le terrain avait été bien préparé par l'ex-président lui-même, dont le score recueilli le 6 mai était plus que confortable (64%) dans cette 3e circonscription. 

Un technocrate sur le terrain

Henri Guaino, qualifié de "technocrate" par ses détracteurs, a dû tomber la cravate et se frotter au terrain pour la première fois, "ébranlé par l'accueil peu chaleureux dans la circonscription", selon sa suppléante. "C'est toujours difficile de démarrer une campagne, c'est toujours difficile de commencer une nouvelle vie", reconnaissait lui-même ce père de trois enfants, natif d'Arles (Bouches-du-Rhône).

Diplômé en 1982 de l'Institut d'études politiques de Paris et titulaire d'un DEA en Politique économique et d'une licence d'Histoire à La Sorbonne, Henri Guaino a commencé par travailler dans le secteur bancaire et dans l'assurance.

La fracture sociale, c'est lui

Il a ensuite occupé des fonctions à la direction du Trésor, au ministère des Finances, puis chez EDF et à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Parallèlement, il a entamé un carrière politique en devenant conseiller de Philippe Séguin, alors président de l'Assemblée nationale, puis de Charles Pasqua, au ministère de l'Intérieur.

Nommé Commissaire général au Plan en 1995, il a participé à la campagne présidentielle au côté de Jacques Chirac, et lui a inspiré le thème gagnant de la campagne : la fracture sociale. Douze ans plus tard, il a contribué à l'élection d'un autre candidat de droite : Nicolas Sarkozy. Auteur de ses discours pendant la campagne, il est devenu son conseiller spécial après la victoire en 2007. Et s'est montré capable de piquer de sacrées colères quand il s'est agi de défendre la politique de l'Elysée sur un plateau télévisé. 

Luxueux bureau doré accolé à celui du chef de l'Etat, voiture avec chauffeur, secrétariat... A la défaite de son mentor, dont il est "convaincu que l'histoire lui rendra justice", Henri Guaino a quitté les ors de la République pour aller tracter sur les marchés des Yvelines. Et celui que personne ne reconnaissait dans les rues des Clayes-sous-Bois a désormais cinq ans pour se faire connaître, sous les lumières de l'hémicycle.

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