Vidéo Naufrage de migrants : "Vingt-sept, cela fait un mort par pays de l’Union européenne" déplore Olivier Faure

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Au moins 27 migrants sont morts au large de Calais mercredi. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, déplore "la faiblesse de notre capacité d’accueil".

La Manche est "déjà un cimetière", a déclaré Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, jeudi 25 novembre sur franceinfo, en réaction à la déclaration, mercredi, du président Emmanuel Macron selon lequel, "la France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", après le naufrage de migrants qui a fait au moins 27 morts mercredi. "Vingt-sept, cela fait un mort par pays de l’Union européenne, c’est dire la faiblesse de notre capacité d’accueil", a déploré Olivier Faure, selon qui, "ces gens sont morts d’espérer une vie meilleure".

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Le premier secrétaire du Parti socialiste a appelé à ne pas se tromper de combat. Bien qu'il a dit être "favorable à l’idée de lutter contre les passeurs, ces gens qui font commerce de la détresse humaine", il a considéré que "ce qu’il manque, ce sont des voies légales". "Pourquoi ne pas ouvrir des voies légales qui permettraient à ces gens de postuler à l'asile dans des conditions humaines et acceptables, au lieu de les bloquer ou de les laisser partir dans des conditions innommables avec des risques incroyables", a-t-il déclaré.

"Le concert d'hypocrisie" de l'exécutif

Face au "manque de volonté" de la part du Royaume-Uni, Olivier Faure a estimé qu'il fallait "renégocier les accords du Touquet, négociés par Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur, et qui font que les frontières britanniques sont en France". "On a un président de la République qui a dit, il y a quelques années, 'je veux renégocier les accords du Touquet', il n’en a rien été, rien n'a changé", a-t-il déploré. Olivier Faure a ainsi dénoncé "le concert d'hypocrisie" de l'exécutif, estimant que "tout le monde fait comme si, en luttant contre les passeurs, on allait arrêter ce désespoir".

Le socialiste s'est également dit favorable au fait de démanteler les camps qui se forment près de Calais, "mais pas dans n’importe quelle condition". Il s'agit, selon lui, de mettre à l'abri et de disperser "les postulants crédibles à l'asile" sur l'ensemble du territoire, car "ils sont aussi une richesse" pour la société française. "On a une dette par rapport à ce peuple", a-t-il également lancé, concernant la possible présence de Kurdes parmi les naufragés. "Ce sont les gens qu'on a envoyé en Syrie, qui se sont battus contre Daech pour nous, et on les a laissé tomber. Chacun doit reprendre conscience que ce sont des êtres humains", a dénoncé Olivier Faure.

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