Covid-19 : avec le reconfinement, le préfet de Guadeloupe espère "casser une tendance folle"

Peu de personnes vaccinées, non observation des gestes barrières, "déni" du Covid, expliquent, selon le préfet, la multiplication des cas.

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Radio France
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Pointe-a-Pitre vide le 30 juillet 2021 en raison d'une recrudescence des cas de Covid-19. La Guadeloupe s'est reconfinée pour trois semaines. (YANNICK MONDELO / AFP)

"On est sur une tendance folle en termes de taux d'incidence, en termes de taux de positivité et je crois indispensable de casser la dynamique très vite", a déclaré mardi 3 août sur franceinfo le préfet de Guadeloupe Alexandre Rochatte. Il justifie le reconfinement de l'île après les 3 100 cas de Covid-19 constatés la semaine passée, un niveau jamais atteint depuis le début de l'épidémie. Selon lui, il y un "lien assez clair" avec le faible taux de vaccination en Guadeloupe, seulement 30 % de la population a reçu une première dose de vaccin. Il pointe aussi "une baisse assez forte des gestes barrières et de toutes les précautions".

franceinfo : Quelle est la situation sanitaire en Guadeloupe qui justifie selon vous un reconfinement de l'île ?

Alexandre Rochatte : On n'a jamais connu autant de cas en une semaine depuis que le Covid-19 est présent en Guadeloupe. On nous annonce 3 100 cas positifs pour la semaine passée, alors qu'on était à 1 700 cas positifs sur les quatre premiers jours, en deux jours on a presque multiplié par deux le nombre de cas. On est donc sur une tendance folle en termes de taux d'incidence, en termes de taux de positivité et je crois indispensable de casser la dynamique très vite. En octobre dernier, qui était la vague la plus importante en termes de nombre de cas positifs, on était à 1 000 cas par semaine et on avait eu des difficultés à les traiter dans le CHU puisqu'on a demandé des renforts notamment du Service de santé des armées. Là, aujourd'hui, on est à 3 100 cas pour cette semaine, trois fois plus. Et puis, surtout, c'est la dynamique, c'est la pente qui ressemble à un mur.

"On était la semaine précédente à 1 000 cas et la semaine d'avant à 300 cas, en trois semaines on a multiplié presque par dix le nombre de cas."

Alexandre Rochatte, préfet de Guadeloupe

à franceinfo

Quelle est la cause de cette situation, selon vous ?

Les causes sont multiples, mais vraisemblablement, on a depuis le mois de juillet une baisse assez forte des gestes barrières et de la prévention et de toutes les précautions dont s'entouraient les gens. On a énormément de gens, avec des brassages très forts. On a des fêtes qui sont organisées. On a aussi un petit déni de quatrième vague puisqu'on entend parfois des gens qui nous expliquent qu'en fait il n'y a pas de Covid et c'est nous qui l'inventons. On a un taux de reproduction, un facteur de production qui est à 2,3 ce qui veut donc dire que pour un cas positif on a presque une personne et demie en plus positive le lendemain.

Faites-vous un lien de cause à effet entre cette situation sanitaire et le fait que très peu de gens sont vaccinés en Guadeloupe ?

Il y a un effet assez clair effectivement, puisque aujourd'hui, on a un taux de première vaccination qui est autour de 30 % et un taux de vaccination complète autour de 18 %. On est très loin du besoin en termes de couverture et de protection par la vaccination. Il y a un sujet de réticence à la vaccination qui existe sur d'autres vaccins déjà. Il y a une réticence assez forte aussi parfois à des injonctions qui viennent de Paris. Tout ça cumulé fait qu'il faut qu'on soit pédagogue, qu'on communique beaucoup, ce qu'on fait déjà, qu'on arrive à convaincre les gens que aujourd'hui, il n'y a pas d'autre solution que la vaccination, sauf à se retrouver, vague après vague, à devoir reconfiner, comme c'est le cas aujourd'hui, en août 2021 alors qu'on pensait passer au-delà de ça.

Quelles sont les conditions de ce nouveau confinement d'au moins trois semaines ? Y a-t-il des aménagements pour les personnes vaccinées, par exemple ?

C'est très comparable au précédent confinement, avec une phase de nuit qui va être très stricte entre 20 heures et 5 heures du matin, et une phase de jour où on aura une limitation de déplacement dans la zone de 10 km. Au-delà, il faudra avoir des motifs impérieux avec des justifications à se déplacer. Pour l'instant, il n'y a pas de cas particulier pour les vaccinés, on a un taux de vaccination trop faible pour qu'on puisse discriminer entre vaccinés et non-vaccinés, ce qui est bien sûr dommage puisque les vaccinés qui ont fait cet effort de vaccination subissent les conséquences des gens qui ne veulent pas se faire vacciner et mettent de ce fait en danger une grosse partie de la population.

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