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François Fillon chiffre "à près d'un milliard d'euros" la somme qui sera consacrée "au soutien de nos agriculteurs"

"Notre pays connaît une situation de sécheresse catastrophique et l'impact de cette sécheresse... sera de l'ordre de ce que nous avons connu en 1976", a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat, alors que Nicolas Sarkozy annonçait des mesures en Charente.
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Nicolas Sarkozy en Charente, le 9 juin 2011, lors d'une table ronde sur la sécheresse. (AFP)

"Notre pays connaît une situation de sécheresse catastrophique et l'impact de cette sécheresse... sera de l'ordre de ce que nous avons connu en 1976", a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat, alors que Nicolas Sarkozy annonçait des mesures en Charente.

"Il s'agit maintenant de mettre en oeuvre une solidarité nationale directe à l'égard des agriculteurs et je ne sais pas où vous avez entendu qu'il n'y aurait pas d'aide directe", a déclaré François Fillon.

Sarkozy a présenté plusieurs mesures en Charente
Nicolas Sarkozy avait présenté plus tôt, jeudi en Charente, un plan d'aide aux éleveurs victimes de la sécheresse qui prévoit notamment de "décaler d'un an" les remboursements des prêts accordés aux éleveurs en 2009 et l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti. Selon M. Fillon, "c'est près d'un milliard d'euros que la solidarité nationale va devoir consacrer à nos agriculteurs".

Le Premier ministre a notamment cité "la mise en oeuvre du Fonds national de calamité agricole, dont le président de la République a annoncé ce matin qu'il serait doté en fonction des besoins qui seront exprimés par la profession agricole".

Ce Fonds a d'ores et déjà été doté de 200 millions d'euros "pour pouvoir faire face aux situations les plus urgentes". Ces sommes risquent toutefois d'être "très largement dépassées", a prévenu M. Fillon.

Ce "chiffre d'un milliard d'euros n'est pas extrêmement précis car tout simplement, tout cela dépendra des demandes des agriculteurs et c'est en fonction des dossiers qui seront présentés par les agriculteurs que l'on pourra dire exactement quel sera le montant de l'effort de solidarité", a fait valoir le chef du gouvernement.

"La première réunion de la commission chargée de prendre des décisions dans ce domaine aura lieu la semaine prochaine. Ce sera d'ailleurs la première fois dans l'histoire de notre pays que, dans une situation catastrophique comme celle que nous connaissons, cette commission est mobilisée aussi tôt pour permettre que les premiers versements aux agriculteurs aient lieu au début du mois de septembre", a-t-il assuré. Nicolas Sarkozy s'était aussi engagé au respect de cette échéance.

Toutes ces mesures ont été bien accueillies par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, pour qui Nicolas Sarkozy "a pris conscience de la situation", mais ont été jugées "insuffisantes" par la Confédération paysanne.

Fillon parle de "solidarité totale" avec les agriculteurs
Les agriculteurs ont droit à ces aides "pour des raisons économiques et stratégiques", a précisé M. Fillon. "Des raisons économiques car ce sont des exploitations qui produisent de la richesse, comme les entreprises", a-t-il ajouté. Et des "raisons stratégiques parce que ce qui est en cause c'est finalement notre indépendance, notre sécurité alimentaire", a-t-il poursuivi.

"Je veux indiquer que l'ensemble de ces aides sont bien des aides directes mais elles passent par des procédures qui sont acceptées par l'Union européenne", a expliqué M. Fillon.

"La solidarité à l'égard de nos agriculteurs sera totale et elle se fera dans le cadre des contraintes financières qui sont les nôtres, ce qui nous amènera à redéployer des crédits pour rester dans les enveloppes que le Parlement a voté", a-t-il conclu.

La venue de Ségolène Royal
La présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal,
s'est invitée à la table ronde animée par celui qui l'avait battue à la présidentielle de 2007. Elle s'était plainte la veille de ne pas y avoir été conviée.

Elle a pris place au premier rang de l'assistance dans la salle omnisports de La Rochefoucauld, après une bordée de sifflets
rapidement coupée par Nicolas Sarkozy au nom de la "tolérance".
Elle a d'abord écouté le chef de l'Etat énumérer les mesures
promises par le gouvernement pour les agriculteurs.

"Mme Royal, est-ce que vous souhaitez prendre la parole ?",
lui a-t-il demandé à la fin de la réunion. "Si j'étais dans une situation inverse, je suis certain qu'avec votre tolérance bien connue vous me donneriez la parole aussi", a-t-il ajouté à l'adresse de son ancienne adversaire. Celle-ci n'a pas raté l'occasion de prendre le micro en évoquant "la courtoise républicaine".

Elle a demandé "l'interdiction du broyage des pailles", le "blocage
des prix des fourrages" et une "réquisition partielle" des céréales destinées à l'exportation. Le président de la République lui a assuré avoir déjà demandé la mise en place de la première demande.

Il a en revanche estimé que la conclusion de contrats de
fourniture de fourrage à prix fixé était préférable à un blocage
des prix. Il a aussi rejeté l'idée d'une réquisition de céréales, à quelques jours du G20 agricole du 22-23 juin sous présidence française, en invoquant une risque de flambée des prix mondiaux.

"Il ne faut jamais oublier les principes républicains", a commenté la patronne de Poitou-Charentes à la presse. "Face à des crises et à une telle détresse des paysans français, il n'y a pas place pour la
politique politicienne, ni pour des postures sectaires", a-t-elle ajouté. De son côté, Nicolas Sarkozy a déclaré aux journalistes qu'il
gardait "un très bon souvenir" de leur débat télévisé de 2007. Histoire de faire un peu monter la pression...

Réactions
"En agitant l'épouvantail européen, arguant que des aides d'urgence seraient déclarées illégales par Bruxelles, Nicolas Sarkozy s'est dédouané de ses responsabilités et s'est contenté d'annoncer des mesures techniques classiques (...) parfaitement inadaptées à la gravité de la situation", écrit dans un communiqué le secrétaire national du PS chargé de la ruralité, Germinal Peiro.

Selon le PCF, le chef de l'Etat "ne fait que reporter la misère en évitant soigneusement de répondre aux besoins".

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