Trois mille chevaux dans un nouveau scandale de la viande

La viande était bien présentée comme de la viande de cheval, mais n'était pas destinée à la consommation, à cause des traitements médicamenteux des animaux.

Un boucher présente une pièce de viande chevaline dans une boucherie d\'Anzin (Nord), le 22 février 2013.
Un boucher présente une pièce de viande chevaline dans une boucherie d'Anzin (Nord), le 22 février 2013. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Nouveau scandale de la viande de cheval ? Trois mille chevaux impropres à la consommation auraient été exportés en Europe et écoulés frauduleusement dans l'alimentation humaine, dans l'est de la France, indique le procureur de Marseille, vendredi 30 août. Des syndicats agricoles avaient annoncé, la veille, qu'une enquête avait été ouverte, fin juin, après la découverte d'un trafic de chevaux de selle (destinés à être montés), 

"C'est une filière avec la Belgique", a commenté le procureur de Marseille précisant que "les chevaux proviennent apparemment de Hollande, de Belgique, de France, d'Espagne" . "Il y a des irrégularités qui ont été constatées", notamment "sur les documents d'identification des chevaux qui étaient présentés à l'abattoir", a ajouté le procureur. "La traçabilité a été volontairement occultée, puisque souvent les chevaux possèdent deux identités différentes", a-t-il dit. Selon une source proche de l'enquête, il s'agit de chevaux de toutes catégories (de trait, de sport, de courses...).

Traitements médicamenteux

Des maquignons complices promettaient aux propriétaires concernés une "retraite paisible" à leurs montures, qui finissaient en réalité à l'abattoir. Les animaux partaient alors en Belgique, où leurs carnets de santé étaient falsifiés, puis ils revenaient en France pour y être abattus. Leur viande était bien vendue comme viande de cheval, mais le problème est que "les trois quarts des chevaux de selle ont reçu un traitement médicamenteux, qui les rend impropres à la consommation humaine", rappelle à l'AFP Jacques Largeron, président de la FNEPE.

Selon l'éleveur, le trafic aurait été découvert dans l'abattoir d'Alès (Gard). Des abattoirs à Pézenas (Hérault) et Valenciennes (Nord) seraient également concernés. "La filière de production de viande de cheval n'est pas touchée par ce trafic", précise Jacques Largeron. Outre un transporteur de Carigan (Ardennes), "des transporteurs belges sont également mis en cause ainsi qu'un certain nombre de vétérinaires belges ou français qui auraient falsifié les carnets de santé des chevaux", a ajouté le procureur à Charleville auprès de l'AFP.Selon lui, une quinzaine de plaintes a été recensée "un peu partout" en France.

Le ministre de l'Agriculture se veut rassurant

Stéphane le Foll, a assuré que les autorités mettraient "tout en oeuvre" pour "démanteler le réseau qui est, semble-t-il, à l'origine de ce trafic". Il a voulu rassurer, écartant en l'état des problèmes sanitaires "graves".  "Si à un moment ou à un autre, il y a des problèmes graves, on le dira et on traitera cette question. Aujourd'hui ce n'est pas le cas", a-t-il dit.

Par ailleurs, la Fédération nationale des exploitants d'abattoirs prestataires de service (FNEAP) affirme n'avoir rien à voir dans cette possible fraude. Au contraire, selon elle, ce sont ses adhérents qui auraient découvert la fraude.