En vue des législatives, la droite fait le procès de Christiane Taubira

Symbole du "laxisme" et de "l'angélisme" de la gauche, la garde des Sceaux est la cible d'attaques de l'UMP. 

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, à Paris, le 20 mai 2012.
La garde des Sceaux, Christiane Taubira, à Paris, le 20 mai 2012. (FRED DUFOUR / AFP)

La nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira, fait l'objet de vives critiques à droite. En quelques jours, la ministre est devenue le symbole du "laxisme" et de l'"angélisme" reprochés à la gauche, alors que la campagne des législatives bat son plein.

De la droite populaire, au patron de l'UMP, Jean-François Copé, mardi 22 mai, en passant par la blogosphère,  FTVi revient sur les attaques ciblées sur la madame Justice du gouvernement Hollande. 

"Quand on vote FN (...) On a Taubira" 

Pour le patron de l'UMP, Jean-François Copé, la garde des Sceaux fait office d'épouvantail, brandi pour convaincre les militants de ne pas se laisser tenter par un vote Front national. "Je dis aux Français qui ont envie de voter Front national qu'en votant Front national, on a la gauche qui passe, a indiqué Jean-François Copé. Donc, quand on vote Front national, on a Taubira et l'annulation des tribunaux correctionnels pour mineurs qui ont commis des actes passibles de plus de trois ans de prison", a-t-il affirmé avant de dénoncer "une alliance objective entre Marine Le Pen et François Hollande", dans le cadre des législatives. 

Instaurés par la loi du 10 août 2011 et fonctionnant depuis janvier 2012, ces tribunaux, composés de trois juges professionnels, jugent les récidivistes de 16 à 18 ans encourant une peine égale ou supérieure à trois ans. Christiane Taubira a annoncé, dimanche, l'intention du gouvernement de les supprimer afin de garantir la spécificité de la justice des mineurs, comme annoncé par François Hollande durant la campagne.

• La bourde de l'évasion reprise par la droite populaire

Vendredi, un détenu de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) a profité d'une permission de sortie, accordée pour un tournoi de basket à Paris-Bercy, pour s'évader. Fait d'autant plus embarrassant qu'il s'agit de la première sortie publique de la nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira. Cela n'a pas échappé à Philippe Meunier, élu UMP du Rhône. Dans un communiqué, il écrit : "Première sortie de Mme Taubira : première évasion réussie". "François Hollande à peine élu, les délinquants profitent de l'angélisme et du laxisme de la gauche lors de la première visite" de la nouvelle garde des Sceaux, "consacrée aux prisonniers". 

• Une fausse polémique sur les prétendus "drapeaux français brûlés" 

"Brûler des drapeaux français, c'est un geste de liesse pardonnable." Cette phrase, attribuée à Christiane Taubira, a été reprise tout le week-end par des blogs et des comptes Twitter, rappelle Le Monde.fr. Elle rebondit sur la polémique selon laquelle des drapeaux français auraient été brûlés le soir de la victoire de François Hollande. Non seulement aucun drapeau n'a été brûlé le 6 mai, mais la garde des Sceaux n'a jamais tenu ses propos sur la radio RFI, sur laquelle elle n'a par ailleurs pas été invitée dernièrement, rapporte le Lab d'Europe 1.