En réponse à un rapport, Eurostar annonce l'investissement de plus 34 millions pour rendre ses trains plus fiables

La compagnie veut aussi améliorer les informations en cas de perturbations.Cette déclaration survient vendredi, 2h après publication des conclusions de la commission d'enquête sur les pannes d'Eurostar fin décembre, montrant que la compagnie n'avait pas préparé ses trains pour l'hiver et l'insuffisance des plans d'urgence pour aider les passagers.

Eurostar
Eurostar (France 3)

La compagnie veut aussi améliorer les informations en cas de perturbations.

Cette déclaration survient vendredi, 2h après publication des conclusions de la commission d'enquête sur les pannes d'Eurostar fin décembre, montrant que la compagnie n'avait pas préparé ses trains pour l'hiver et l'insuffisance des plans d'urgence pour aider les passagers.

Eurostar indique que son conseil d'administration, présidé par Guillaume Pepy, s'est dès mercredi engagé à mettre en oeuvre l'ensemble des préconisations qui lui seraient faites, "dans les meilleurs délais".

En l'occurrence, la compagnie s'apprête à investir 30 millions de livres (soit environ 34 millions d'euros) dans "l'amélioration de la fiabilité des rames Eurostar dans des conditions météorologiques extrêmes", "l'information et l'assistance des voyageurs en cas de perturbations", et dans "les circuits de communication à l'intérieur comme à l'extérieur du Tunnel sous la Manche". Enfin, Eurostar va mettre en place une équipe dirigée par Richard Morris,un ancien cadre d'Eurotunnel, qui supervisera la mise en oeuvre des recommandations du rapport.

Le directeur général d'Eurostar Richard Brown s'est dit, dans le communiqué, "déterminé à remettre les choses en ordre" en vue de "regagner la confiance de nos voyageurs en prenant toutes les mesures nécessaires pour qu'une telle situation ne puisse plus jamais se produire".

Une série de recommandations
La commission a émis une série de recommandations à l'intention de l'entreprise ferroviaire, dont la SNCF est l'actionnaire principal, visant notamment à améliorer la fiabilité des trains et revoir les procédures d'évacuations en cas de panne de l'alimentation des trains. Elle préconise également une meilleure communication de crise avec Eurotunnel - l'exploitant du tunnel sous la Manche -, et un renforcement des procédures de gestion des interruptions de trafic majeures, visant à limiter les perturbations pour les passagers.

La commission, qui avait été lancée par Eurostar après les incidents ayant bloqué plus de 2.000 de ses passagers dans le tunnel, a conclu que "les trains d'Eurostar n'ont pas reçu de préparation hivernale suffisante pour supporter ces conditions, et que les procédures de maintenances devraient être révisées". De plus, même si elle estime que l'évacuation des passagers s'est effectuée "de façon sûre et efficace", elle juge que les plans d'urgence pour aider les passagers à la suite des incidents "étaient insuffisants", et que "les dispositifs d'information dans les gares, via les centres d'appel et sur le site internet n'étaient pas satisfaisants".

Les secrétaires d'Etat aux Transports français et britannique ont demandé vendredi qu'Eurostar et Eurotunnel mettent "immédiatement en oeuvre" les recommandations du rapport.

Rappel des faits

Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 décembre 2009, cinq Eurostar s'étaient retrouvés bloqués dans le tunnel en raison d'une série de pannes liées aux intempéries. Plus de 2.000 personnes, coincées sans eau, ni nourriture, ni information, avaient mis jusqu'à seize heures pour faire le voyage.

La société Eurostar, détenue majoritairement par la SNCF, avait créé quelques jours après une "commission d'enquête indépendante", qui a reçu l'aval des gouvernements français et britannique, pour déterminer les causes précises de ces incidents et émettre des recommandations. Depuis lors, Eurostar et Eurotunnel n'ont cessé de se renvoyer la balle, s'accusant mutuellement d'impréparation et de lacunes dans la gestion de la crise.