Dupont-Aignan injurie un journaliste, puis s'explique

Le journaliste politique Frédéric Haziza s'interroge sur un lien entre le président de Debout la République et l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. Nicolas Dupont-Aignan s'indigne.

Le président de Debout la république Nicolas Dupont-Aignan, le 5 octobre 2013 à Paris.
Le président de Debout la république Nicolas Dupont-Aignan, le 5 octobre 2013 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Nicolas Dupont-Aignan bataille depuis le début de l'année. Le député souverainiste ne veut pas être associé à Alain Soral, un essayiste d'extrême droite proche de Dieudonné, dont un livre a été interdit pour antisémitisme. Le président de Debout la République se dit victime de la "vindicte malsaine" du journaliste politique Frédéric Haziza. Retour sur ce duel.

Acte 1 : Dupont-Aignan accusé par Haziza

Dans son ouvrage Vol au-dessus d'un nid de fachos, une enquête sur la nébuleuse Dieudonné, Frédéric Haziza s'interroge. Existe-t-il un "rapprochement entre Nicolas Dupont-Aignan et Alain Soral" ? Le journaliste politique se demande s'il faut voir "un indice" dans la présence d'une certaine Marion Sigaut au sein de l'équipe dirigeante de Debout la République (DLR).

Car Marion Sigaut, qui se présente comme essayiste et historienne, écrit sur le site d'Alain Soral, Egalité et Réconciliation, depuis octobre 2011 et elle a donné des conférences avec lui en février et mai 2013. Autre "indice" : la maison d'édition d'Alain Soral, Kontre-Kulture, a réédité plusieurs livres de Marion Sigaut.

Puisque Marion Sigaut est "membre de l’équipe dirigeante d’Egalité et réconciliation" et puisqu'elle "assure aussi les fonctions de déléguée nationale à la Vitalité de la langue française à Debout la République", Frédéric Haziza en conclut dans un entretien à 20 Minutes, au moment de la sortie de son livre en janvier, que Nicolas Dupont-Aignan fait partie des "complaisants", au sein de la classe politique, à l'égard de Dieudonné, d'Alain Soral et des idées qu'ils véhiculent.

Acte 2 : Joute verbale à l'Assemblée

Le député souverainiste de l'Essonne et le journaliste politique se retrouvent, samedi 8 février lors de la journée du livre politique, à l'Assemblée nationale. Leur discussion porte à nouveau sur les liens supposés entre Debout la République et Egalité et Réconciliation. L'échange entre les deux hommes est tendu.

"Marion Sigaut a défendu les mêmes idées que Farida Belghoul [une proche d'Alain Soral à l’initiative de la rumeur sur le soi-disant enseignement d'une prétendue "théorie du genre" à l’école] et elle était à DLR", lance Frédéric Haziza. "Elle a été à DLR, mais quand elle a été chez Soral, je l’ai enlevée du bureau national", répond le député. "Elle a été parallèlement aux deux", réplique le journaliste. L'élu dément et soutient que la militante a été exclue "un mois" après son rapprochement avec Alain Soral.

Nicolas Dupont-Aignan dénonce une "calomnie" puis lance au journaliste : "Vous êtes une merde intégrale, une vraie merde." La séquence n'a pas échappé à la caméra de Canal+.

Acte 3 : Affrontement à distance sur Twitter

L'échange se poursuit sur Twitter, dimanche 16 février, après la diffusion du reportage. "Assez des calomnies", tweete l'homme politique. Il "veut me salir en manipulant les faits", explique encore le député pour qui le journaliste "sait très bien que Mme Sigaut n’est plus au bureau national de DLR" mais "le fait croire".

"Aucune manipulation", répond le journaliste toujours sur le réseau social, mais des "faits clairs:Marion Sigaut revendique toujours une proximité avec Debout la République et Alain Soral".

 

Acte 4 : Dupont-Aignan donne sa version des faits

Lundi 17 février, Nicolas Dupont-Aignan contre-attaque sur son blog et retrace sa chronologie des faits. "Mme Marion Sigaut, écrivain, défenseur de la cause des Palestiniens, a été membre du bureau de Debout la République en charge de la francophonie", écrit-il. "Plus tard, elle a participé à des conférences communes avec Egalité et Réconciliation. Quand je l'ai su, en mai 2013, la double appartenance étant interdite à Debout la République, je lui ai fait part de cette incompatibilité", poursuit-il. "Elle a choisi de garder sa liberté de parole et je l'ai donc remplacée, au terme de nos procédures internes - en l'espèce notre congrès du 5 octobre -, par un autre délégué", écrit le maire de Yerres.

"Mme Sigaut n'a jamais prononcé la moindre phrase raciste ou antisémite. Si c'était le cas, il y a longtemps je pense que cela aurait été publié. Même si je la connais bien sûr, elle n'est pas une de mes proches et il faut lui demander si elle est proche d'Alain Soral, ce que je ne sais pas", continue-t-il. "Elle n'a pas réadhéré à Debout la République", affirme-t-il.

"M. Haziza, et c'est ce qui me révolte, connaît parfaitement cette vérité mais a complètement transformé l'histoire pour étayer sa thèse politique ridicule d'une peste brune qui réapparaîtrait dans notre classe politique", affirme-t-il.