Deux salariés de France Télécom se sont suicidés ces derniers jours hors de leurs lieux de travail, selon la direction

Cette dernière ne privilégie ni n'exclut aucune hypothèse sur un lien éventuel avec le travail.Cinq salariés se sont suicidés depuis début janvier, tous en dehors de leur lieu de travail, d'après le syndicat Sud qui s'en inquiète. "L'entreprise est sous le choc" a indiqué un porte-parole de la direction.

(France 3 Normandie)
Cette dernière ne privilégie ni n'exclut aucune hypothèse sur un lien éventuel avec le travail.

Cinq salariés se sont suicidés depuis début janvier, tous en dehors de leur lieu de travail, d'après le syndicat Sud qui s'en inquiète. "L'entreprise est sous le choc" a indiqué un porte-parole de la direction.

Un salarié de 32 ans, employé à Dijon dans le domaine des services aux entreprises, s'est suicidé jeudi soir à son domicile. Selon une source syndicale, il était cadre et, comme 35% des salariés de France Télécom, sous contrat de droit privé. Après un arrêt longue maladie, il avait repris le travail il y a quelques mois.

L'autre cas est celui d'un technicien d'une cinquantaine d'années de Haute-Normandie, qui s'est donné la mort dans une forêt mardi. Une enquête de gendarmerie est en cours, a précisé le groupe.

Au 31 décembre 2009, le nombre de suicides de salariés de France Télécom en deux ans (2008 et 2009) était établi à 35, selon les syndicats. Le 1er décembre, la direction avait annoncé avoir transmis à l'inspection du travail 32 cas de suicides de salariés en deux ans.

Réactions inquiètes mais prudentes
Pour Patrick Ackermann, de Sud, également membre de l'Observatoire du stress et des mobilités forcées de France Télécom, "depuis début janvier cela commence à faire beaucoup, sans compter au moins trois tentatives de suicides, cela rappelle la crise de juillet 2009".

Selon lui, "la tension est très forte dans l'entreprise, d'autant que la direction met du temps à reconnaître que des suicides ont un lien avec le travail", notamment au sujet du suicide d'un salarié fonctionnaire d'Annecy (Haute-Savoie) le 28 septembre dernier. Si une étude commandée par le comité d'hygiène et de sécurité a conclu au lien avec le travail, la direction ne l'a pas encore classé en accident de service. Le comité central d'entreprise de France Télécom a demandé dans une motion il y a quelques jours que cela soit fait très rapidement.

La CGT reste prudente dans l'attente de davantage d'informations sur ces cas et réclame "d'aller plus vite dans les négociations en cours sur l'organisation du travail, qui est pathologique". La CFDT s'est également déclarée "inquiète" tout en précisant qu'elle attendait les résultats des enquêtes.

Le groupe a dit à l'AFP attendre les conclusions début mars d'un inspecteur général des affaires sociales nommé par le ministre du Travail en novembre pour rendre un avis sur la reconnaissance de suicides de fonctionnaires de France Télécom en accident de service.