Deux gardes à vue prolongées après l'accident de Stains

Dimanche, le plancher d'un local faisant office d'église évangélique, en Seine-Saint-Denis, s'est effondré, causant la mort d'une fillette. La garde à vue du pasteur et du gérant du local ont été prolongées lundi.

Les pompiers interviennent le 8 avril 2012 après l\'effondrement du plancher d\'une église évangélique à Stains (Seine-Saint-Denis).
Les pompiers interviennent le 8 avril 2012 après l'effondrement du plancher d'une église évangélique à Stains (Seine-Saint-Denis). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La garde à vue du gérant du local faisant office d'église évangélique, dont le plancher s'est effondré dimanche, a été prolongée lundi 9 avril dans l'après-midi. Celle du pasteur qui organisait le culte aussi, a ajouté la procureure de la République adjointe de Bobigny. FTVi fait le point sur l'essentiel de cette conférence de presse.

• Des précisions sur les circonstances de l'accident

"Plusieurs dizaines de personnes" se trouvaient dans la pièce lorsqu'une partie du premier étage s'est écroulée vers 14h30, dimanche. Le nombre exact de participants est "en cours de détermination", a indiqué la procureure adjointe lundi. Le préfet avait parlé dimanche de 100 à 150 personnes.

La procureure de la République a précisé que le plancher du premier étage de ce local s'est effondré "en son milieu sur une trentaine de mètres carrés", "après la rupture d'une poutre maîtresse", selon une première expertise d'architecte. "Constitué de plaques agglomérées, [le plancher] n'a pas supporté la charge", a ajouté la procureure adjointe. Mais la cause exacte de l'effondrement n'est pas encore connue.

"Toutes les chaînes de la responsabilité seront mises en évidence", a également indiqué la procureure adjointe. Elle était interrogée sur la transmission, en 2010, au parquet, d'un dossier par la mairie de Stains signalant que des travaux avaient été faits sans autorisation.

• Des blessés graves

Outre la fillette de 6 ans morte dimanche, le "pronostic vital reste très engagé pour une femme de 47 ans" et "engagé pour une enfant de 24 mois", a déclaré la procureure adjointe.

Par ailleurs, "la gravité des blessures" de 32 autres victimes plus légèrement touchées "est en cours de détermination", a-t-elle ajouté.

• Une information judiciaire ouverte à la fin des gardes à vue

A l'issue des gardes à vue, dès mardi, le parquet va ouvrir une information judiciaire et saisir un juge d'instruction "pour approfondir les investigations", a indiqué la procureure adjointe. Elle aura pour objet d'établir "l'ensemble de la chaîne des responsabilités", les "conditions de construction" et "d'exploitation" de la salle. Elle devra aussi "évaluer le préjudice" des victimes.

En raison du week-end pascal, toutes les auditions souhaitées par les enquêteurs n'ont pu être menées, a ajouté la magistrate.

L'enquête a été confiée à deux services de police judiciaire (PJ) : celui de Seine-Saint-Denis et la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne.