Depuis 50 ans, consommation des Français en hausse

La consommation des Français a été multipliée par 3 en 50 ans, accompagnant une forte hausse du niveau de vie

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consommation (© France)
La consommation des Français a été multipliée par 3 en 50 ans, accompagnant une forte hausse du niveau de vieLa consommation des Français a été multipliée par 3 en 50 ans, accompagnant une forte hausse du niveau de vie Les ménages dépensent aujourd'hui nettement moins pour se nourrir et beaucoup plus pour se loger, selon une étude publiée jeudi par l'Insee.

Depuis 50 ans, les dépenses des ménages, qui représentent 55% des richesses produites en France (PIB d'environ 1.900 milliards), ont augmenté chaque année un peu plus. La hausse des dépenses a atteint 4,3% par an pendant la période des "Trente glorieuses", se ralentissant à environ 2,5% par an après le premier choc pétrolier de 1973.

Seul coup d'arrêt: l'année 1993, marquée par une récession. En revanche, avec la crise actuelle, "on attend pas un recul de la consommation en France en 2009 mais un chiffre proche de la stagnation", explique Fabrice Langlard, chef du département des comptes nationaux de l'Insee. Car, précise-t-il, à l'inverse de 1993, les taux d'intérêts sont très bas et incitent à la consommation.

L'explosion des dépenses s'accompagne d'un changement profond des comportements. Si l'alimentation représente toujours une importante part des dépenses des ménages, elle est passée de 38% en 1960 à 25% en 2007, souligne l'Insee. L'habillement baisse aussi de 14% à 9%.

"Les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus modestes se sont réduits mais restent importants en terme d'alimentation à domicile, avec une dépense moyenne de 230 euros par personne par mois pour les premiers contre 130 pour les plus modestes", explique Michel Duée, chef de la division conditions de vie des ménages. Il confirme que "les plus aisés consomment plus de fruits, de légumes et de poissons alors que les plus modestes plus de graisses et plus de sucres". L'étude montre que les plus pauvres consomment plus de tabac, sont moins sensibles que les plus aisés à l'augmentation des prix, alors que les plus riches consomment plus d'alcool.

A l'inverse de l'alimentation, le poste logement a fortement progressé, passant de 16% à 19% au cours de la même période, comme les dépenses de transports (de 11% à 18%), de communications et de loisirs (de 10% à 16%). "En 50 ans, les Français ont des logements de meilleure qualité et en moyenne un peu plus grands que leur parents. C'est valable pour à peu près toutes les classes de la population", dit Jean-Louis Lhéritier, chef du département des prix à la consommation. Mais pour les locataires, dont le niveau de vie est globalement moins élevé qu'il y a 20 ans, le coût pour se loger est encore plus lourd et représente 25% de leur budget.

Les dépenses de santé ont globalement augmenté, les ménages y consacrant 14% en 2007 contre 5% en 1960, la part remboursée ayant tendance à baisser.

Cette étude, croisée avec des chiffres relevés en 2005 pour les 26 autres pays européens, fait également apparaître une certaine convergence dans les modes de consommation, notamment l'alimentaire, liée à l'ouverture de l'espace européen et l'élévation du niveau de vie. Mais des spécificités, peut-être plus culturelles, persistent: "les Italiens achètent par exemple plus de chaussures que leurs voisins français", relève Fabrice Langlard. "Les Britanniques dépensent plus dans les restaurants que pour se nourrir chez eux alors qu'en France on a plutôt tendance à privilégier la restauration à domicile qu'à l'extérieur", souligne Maryse Fesseau, responsable des comptes des ménages.