VIDEO. Seconde Guerre : l'épopée des dissidents antillais

Une cérémonie aux Invalides mettait à l'honneur le 2 juin pour la première fois ces milliers d'Antillais qui ont fui la Martinique et la Guadeloupe pour s'engager dans les Forces françaises libres. Soir 3 est revenu sur leur épopée.

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Aux Antilles-Guyane, où le régime de Vichy instaure un climat de répression, l'opposition locale s'organise à partir de 1942, à l'appel du général De Gaulle. Quatre mille à cinq mille jeunes Antillo-Guyanais embarquent dans de petits bateaux à voile pour rejoindre la Dominique anglaise, de Sainte-Lucie, où la France libre a installé des centres d'accueil. Beaucoup meurent noyés au cours d'une traversée nocturne. Les rescapés sont envoyés à Porto-Rico, puis aux Etats-Unis, où ils intègrent le bataillon de marche des Antilles. Ils participeront ensuite à la campagne d'Italie puis rejoindront l'Hexagone pour de nombreuses batailles.

Une reconnaissance officielle bien tardive

Une plaque commémorative installée le 2 juin dans la Cour du Dôme des Invalides donne enfin leur véritable place dans l'Histoire à ces dissidents ultramarins - dont la plupart ne sont plus là pour apprécier cet hommage. Depuis soixante-dix ans, Jeanne Catayée, Salinière Ségor, Rémy Oliny et bien d'autres attendaient que la France reconnaisse leur participation à sa libération, en 1945. Aujourd'hui, Rémy Oliny "pense surtout à ceux qui sont restés dans le canal de Sainte-Lucie, à [celui] qui a perdu sa jambe et qui [lui] a dit : 'Je ne pourrai plus danser.'" Il se souvient aussi "d'un autre qui est mort gelé en Alsace". Le dissident martiniquais ne dissimule pas son amertume : "Soixante-treize ans après, on s'est souvenu qu'il y avait deux ou trois imbéciles qui étaient allés sauver la France."