Témoignages Orages en Corse : "Ce fut une panique totale, je n'ai jamais vu ça ici", racontent des campeurs

Les très violents orages qui ont traversé la Corse jeudi matin ont fait cinq morts et une dizaine de blessés, ont annoncé les autorités. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est attendu sur l'île en fin de journée.

Article rédigé par
Margaux Queffélec, avec France Bleu RCFM - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
A Sagone, en Corse du Sud, une jeune fille de 13 ans a été tuée par la chute d'un arbre dans un camping, le 18 août 2022. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

"On a eu une tempête gigantesque", témoigne Alain, en vacances à Sagone en Corse-du-Sud, sur France Bleu RCFM. Le vacancier raconte que le ciel a "noirci comme une grosse tornade avec du vent violent, très chaud (...) les branches se cassaient, les arbres tombaient et malheureusement, il y a eu un décès." Les intempéries ont fait cinq morts sur l'île, dont une jeune fille de 13 ans dans le camping de Sagone, après la chute d'un arbre sur son bungalow.  

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"J'ai une branche qui m'est tombée dessus juste au moment où je sortais de la caravane", détaille Alain qui reconnaît qu'il a eu de la chance. "J'ai été épargnée grâce à Dieu. Ce fut une panique totale, je n'ai jamais vu ça ici, une tornade pareille avec des vents violents, c'est terrible.

"On dormait et ils avaient annoncé de la pluie; finalement, il n'a pas plu de la nuit, on était content", raconte pour sa part Benoît, un père de famille en vacances en Corse avec ses deux enfants, âgés de 13 ans.Le vacancier explique à France Bleu RCFM.que la tempête est arrivée brutalement, vers "8h du matin" : "D'un coup, en une minute, le vent s'est levé et 5 minutes plus tard, c'était vraiment la vraie grosse tempête", témoigne-t-il. 

"Je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur"

Benoît a été surpris par la violence des vents qui se sont déchaînés soudainement : "Une grosse branche est tombée sur la tente alors que j'étais avec mes deux enfants, âgée de 5 ans et de 13 ans", poursuit le père de famille. Il a alors le réflexe de quitter la tente, c'est alors qu'une "autre branche d'arbre est tombée. Elle m'a séparé de mes enfants, j'ai réussi à les rattraper, on a pris la voiture et on est allés sur le parking", indique Benoît. "On s'en est bien sortis heureusement, reconnaît-il. Je ne sais pas si j'ai eu peur, je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur : j'ai vu deux branches tomber sur la tente, j'ai dit 'c'est fini on se casse'", souffle-t-il, soulagé.

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Stéphane, lui, tient un hôtel à 30 mètres de la plage à Sagone. Il installait les petits-déjeuners de ses clients sur la terrasse quand, lui aussi, a vu le ciel devenir noir et la tempête se lever. "C'était impressionnant parce que le vent était très violent. Des transats et des parasols sont tombés pour partie dans la piscine, les chaises aussi ont valsé comme de vulgaires cartes à jouer. J'avais même du mal à fermer les portes. C'était comme une grosse tornade, décrit-il à franceinfo. On est au bord de la mer, donc, des coups de vent, ça nous connaît, mais là, c'était vraiment d'une rare intensité. Le vent était très très puissant."

"Phénomène de fin du monde"


La tempête a aussi touché la ville d'Ajaccio, à une vingtaine de kilomètres de Sagone, où Gérald est propriétaire d'un chantier naval. Et il confie n'avoir "jamais vu un tel phénomène en si peu de temps, en l'espace de dix minutes". Sur franceinfo, il raconte les "arbres qui tombaient de tous les côtés, la route inondée... On ne voyait pas à 50 cm. C'était vraiment un phénomène de fin du monde."

En pleine tempête, le patron de 47 ans est sorti en panique pour replier lui-même un chapiteau de huit mètres de haut, sous lequel son équipe travaille. Une opération assez dangereuse mais tout cela aurait pu être évité selon lui, avec plus d'anticipation. "Chacun prendra ses responsabilités, mais bien souvent, des bulletins d'alerte une semaine ou quelques jours auparavant et il ne se passe pas grand-chose. Je ne comprends pas pourquoi il n'y en a pas eu ce matin, alors qu'ils auraient pu le faire par prévention. On se pose beaucoup de questions à ce niveau-là", conclut-il.

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La préfecture de Corse-du-Sud annonce ce jeudi l'évacuation "sans délai" de l'ensemble des campings situés dans le sud de l'île. "Les maires du département de la Corse-du-Sud ont l'obligation d'activer leur plan communal de sauvegarde afin de mettre à disposition un lieu de regroupement", précise l'arrêté.

Les deux départements de la Corse, la Corse-du-Sud et la Haute-Corse, ont été placés en vigilance orange aux orages et pluie-inondation, indique Météo France ce jeudi. L'épisode pluvio-orageux intense que connaît la Corse nécessite "un suivi particulier du fait de son intensité et de sa durée". Toutefois, "les rafales de vent attendues sous les orages de la nuit de jeudi à vendredi seront nettement moins violentes que celles observées ce jeudi matin, mais un événement pluvio-orageux intense bien plus durable", assurent les prévisionnistes.

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