"Nous restons disponibles pour un vrai dialogue", affirme Jean-Guy Talamoni, qui ne rencontrera pas Emmanuel Macron en Corse

Emmanuel Macron a refusé de rencontrer des élus nationalistes à l'Assemblée de Corse.

Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, reçu par le ministre de l\'Intérieur.
Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, reçu par le ministre de l'Intérieur. (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)

Les nationalistes qui dirigent la collectivité territoriale corse ont décidé de boycotter la venue du chef de l'État sur l'île, avant de lui proposer finalement de le rencontrer à l'Assemblée de Corse. Emmanuel Macron a décliné l'invitation. Cozzano, village à 60 km d'Ajaccio, est la dernière étape du tour de France du chef de l'État dans le cadre du grand débat national : "S'il vient pour dire qu'il ouvre un dialogue avec la Corse, bien sûr qu'il est le bienvenu, s'il vient uniquement pour une opération de communication à Cozzano avec des maires nous pensons que ce n'est pas nécessaire", a-t-il réagi.

"Respecter la volonté du peuple"

"La tradition républicaine, c'est aussi de respecter la volonté d'un peuple" assure Jean-Guy Talamoni. "Lorsqu'on ignore totalement ce qui a été fait par le suffrage universel, je pense qu'il y a un problème et cela est choquant. Nous sommes certains que la raison finira par triompher qu'un dialogue s'instaurera dans les temps à venir. Nous sommes disponibles." Le président de l'Assemblée de Corse conclut : "Nous ne pouvons pas accueillir monsieur Macron comme si tout s'était passé normalement depuis un an et demi."

Jean-Guy Talamoni se dit prêt au dialogue avec le chef de l’État : "Nous restons disponibles pour un vrai dialogue. Nous sommes les élus légitimes de la Corse. Nous avons été élus largement. Nous avons un projet qu'il convient d'examiner. Nous n'avons jamais demandé qu'on accepte toutes nos demandes immédiatement."

Aucune crainte du retour de la violence

Des résidences secondaires ont été plastiquées et des engins explosifs ont été retrouvés devant des centres de finances publiques ces derniers-jours : "Nous ne savons strictement rien. Les autorités judiciaires n'ont fait aucun commentaire à ce sujet. On ne sait pas du tout de quoi cela procède", a-t-il réagi. Un message lancé vers les nationalistes ? : "Je ne le crois pas, mais à défaut d'en savoir plus, il nous est très difficile de commenter ces évènements", a-t-il dit.

Jean-Guy Talamoni ne craint "pas spécialement" le retour de la violence en Corse. "Nous sommes pleinement solidaires de la décision prise en 2014 par le FLNC, une décision de sortir de la clandestinité, irréversible (...) Pour nous, il n'y a aucune remise en cause à ce sujet et nous maintenons le cap", a-t-il affirmé.