"Non à la mafia !" : une vingtaine de personnalités corses dénoncent "l'emprise mafieuse" sur l'île

Le texte a été signé par la mère du président du conseil exécutif corse, Lucie Simeoni, et par le chanteur du groupe I Muvrini.

Des policiers s\'activent sur le chantier où un entrepreneur, Icham Saffour, a été tué par balles, le 16 septembre 2019 à Furiani (Corse).
Des policiers s'activent sur le chantier où un entrepreneur, Icham Saffour, a été tué par balles, le 16 septembre 2019 à Furiani (Corse). (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

"Non à la mafia !" Une vingtaine de personnalités corses, dont l'écrivain Jérôme Ferrari, prix Goncourt en 2012, mais aussi un ex-dirigeant du FLNC, des chanteurs ou un entrepreneur, ont lancé mercredi 25 septembre un appel pour dénoncer une "emprise mafieuse d'une intensité jamais atteinte" dans l'histoire de l'île.

"Continuer de se taire n'est pas responsable. Aussi, nous prenons l'initiative d'inviter la population à une prise de conscience des menaces qui compromettent gravement les intérêts collectifs de notre société et, singulièrement, ceux de notre jeunesse", écrit le collectif mené par Léo Battesti, ancien leader du FLNC, et Vincent Carlotti, ex-secrétaire fédéral du PS de Haute-Corse et ancien maire d'Aléria. Leur communiqué a été mis en ligne par France 3 Corse.

Des "méthodes barbares"

Lucie Simeoni, mère du président du conseil exécutif Corse Gilles Simeoni et veuve d'Edmond Simeoni, figure emblématique du mouvement autonomiste corse, l'écrivain Jérôme Ferrari, le chanteur du groupe polyphonique I Muvrini Jean-François Bernardini, l'universitaire Vannina Bernard-Leoni ou encore le chef d'entreprise de BTP Jean-Nicolas Antoniotti figurent parmi les 26 signataires de l'appel.

"Il faut isoler culturellement ceux qui, par leurs méthodes barbares, détruisent impitoyablement les formidables potentiels de notre territoire", poursuit le collectif, assurant qu'il "exprimera clairement sa solidarité avec les victimes qui se taisent, le plus souvent parce qu'elles ont peur et qu'elles se savent isolées". Les signataires demandent également "à tous les responsables politiques insulaires de s'engager, sans ambiguïté" :

Il faut que tous nos élus se ressaisissent, s'expriment et se préservent de tous les lobbys mafieux.Les 26 signataires

Ils interpellent également l'Etat, "détenteur de tous les pouvoirs régaliens" à "combattre efficacement le mal", et demandent notamment au gouvernement "d'inclure dans le Code pénal le délit d'association mafieuse". "Il est impératif que l'Etat reconnaisse cette emprise mafieuse sur la Corse et se donne les outils pour la combattre", exhortent les signataires.