Incidents Ajaccio-Le Havre : la députée présente au match déplore "qu'on ne condamne pas les propos racistes dans une enceinte sportive"

Agnès Firmin-Le Bodo dénonce "le silence assourdissant" de la Ligue de football professionnel. Elle témoigne à franceinfo de "la pression verbale", ensuite "devenue physique" dans le stade d'Ajaccio.

La rencontre entre Ajaccio et Le Havre en barrage de Ligue 2, à Ajaccio, le 20 mai 2018.
La rencontre entre Ajaccio et Le Havre en barrage de Ligue 2, à Ajaccio, le 20 mai 2018. (MAXPPP)

"Ce qui me choque, en tant que supportrice, c'est que dans une enceinte sportive, on puisse laisser proférer des propos racistes", a dénoncé mercredi 23 mai sur franceinfo la députée de Seine-Maritime Agnès Firmin-Le Bodo. Elle était présente au stade François-Coty à Ajaccio dimanche, lors du match de pré-barrage remporté par l'AC Ajaccio face au Havre. La députée a écrit à la ministre des Sports Laura Flessel pour dénoncer les insultes racistes, les agressions et les jets de projectiles.

Elle reproche à la Ligue de football professionnel un manque de réaction. "Ce qui me désole, c'est qu'on ne commente pas et qu'on ne soit pas consterné lorsqu'on est président d'une fédération ou d'une ligue sportive par les propos racistes. Nous les avons entendus, 'Français de merde, il faut les tuer, c'est quand même très violent, ramasseurs de coton', c'est pas une fois, c'est tout le match..", a-t-elle précisé. La LFP a validé le résultat sportif. Elle a en revanche sanctionné l'AC Ajaccio, qui disputera le match de barrage aller contre Toulouse, dans le stade de Montpellier qui sera à huis clos.

Des pressions verbales et physiques également en tribune présidentielle

La députée de Seine-Maritime Agnès Firmin-Le Bodo raconte que les gens qui étaient derrière elle, après le pénalty marqué par Le Havre, "ont souhaité en découdre et sont venus vers le président Volpé. C'est ce qui fait que nous avons dû être évacués."

Lorsque nous nous sommes levés pour fêter le but, un projectile est arrivé, les gens sont arrivés vers nous de derrière et les agents de sécurité nous ont emmenés très vite dans le vestiaireAgnès Firmin-Le Bodofranceinfo

Le président du HAC Vincent Volpé dit avoir été insulté et avoir reçu un coup. "J'étais assise à côté de lui et tout comme lui j'ai dû assister à la fin du match dans les vestiaires, ce qui n'était pas le souhait. Si je viens à Ajaccio ce n'est pas pour regarder le match dans le vestiaire mais sur le terrain", déplore Agnès Firmin-Le Bodo.