Incendies en Corse : "Il y aura encore besoin des moyens aériens pendant plusieurs jours" déplore la préfète

Josiane Chevalier, préfète de Corse, a réagi sur franceinfo lundi matin aux incendies qui ont ravagé plus de 1 500 hectares sur l'île. 

Un pompier à Sampolo en Corse où des incendies ont démarré, le 24 février. 
Un pompier à Sampolo en Corse où des incendies ont démarré, le 24 février.  (JEAN-PIERRE BELZIT / MAXPPP)

"Le bilan provisoire pour la Haute-Corse est de 1 500 hectares détruits et de 150 hectares en Corse-du-Sud, a indiqué lundi 25 février sur franceinfo la préfète de Corse Josiane Chevalier. La situation est plus favorable puisque le vent a très largement faibli." De violents incendies de végétation se sont déclarés depuis samedi dans la région. La préfète a aussi indiqué que les moyens aériens resteront mobilisés pendant "probablement plusieurs jours". Josiane Chevalier a mis en garde contre la pratique de l'écobuage dans une période de sécheresse liée à "une phase de dérèglement climatique extrêmement forte."

franceinfo : Quelle est la situation ce lundi matin en Corse ?

Josiane Chevalier : Cette nuit il n’y a pas eu de reprise majeure. Le bilan provisoire pour la Haute-Corse est de 1 500 hectares détruits et de 150 hectares en Corse-du-Sud. La situation est plus favorable puisque le vent a très largement faibli. Mais les feux ne sont pas tout à fait le fait du hasard. Malheureusement, alors que j'avais pris un arrêté interdisant l'écobuage, des gens particulièrement imprudents et irresponsables continuent à faire de l'écobuage, c'est à dire brûler un certain nombre de choses, alors qu'il y a un vent extrêmement fort. Ces incendies, les enquêtes le confirmeront certainement, sont dans tous les cas pour la Corse-du-Sud liés à ces feux imprudents. Bien sûr, il y a des conditions météorologiques qui sont très défavorables : il y a beaucoup de sécheresse et un taux d’humidité de 8% ce qui est tout à fait anormal pour la saison. L’été c’est plutôt de l’ordre de 15%, ce qui montre bien que le dérèglement climatique est à l’œuvre.

Les Canadair vont-ils pouvoir reprendre leurs rotations lundi matin, ou les feux sont-ils désormais maîtrisés et il n’y a plus besoin d’eux ?

Il y aura encore besoin des moyens aériens pendant plusieurs jours. Avec le lever du jour, il y a aura des reconnaissances par hélicoptère pour définir la stratégie, et les moyens aériens resteront autant que nécessaire, mais probablement plusieurs jours.

Qu’est ce qui a brûlé ?

Il s'agit essentiellement des forêts. Et à Sampolo ce sont des arbres aussi, des châtaigniers qui ont brûlé. Les maisons ont été préservées puisque c’était la stratégie que nous avions définie : la protection des personnes et la protection des biens. Il n’y a pas eu de dégâts sur les maisons mais les forêts ont été vraiment très endommagées.

Les pratiques d’écobuage sont interdites depuis ce week-end. N’aurait-il pas fallu l'interdire plus tôt ?

On ne peut pas prendre des arrêtés contre l’imprudence puisqu’hier [dimanche], malgré l’arrêté très largement publié, les gendarmes que j’avais envoyé contrôler l’application de l’arrêté ont encore constaté, alors que personne ne pouvait ignorer les incendies, que des personnes continuaient à faire de l’écobuage. J’en appelle à la responsabilité individuelle : quand il y a du vent, on ne fait pas de feu.

L’an dernier la Corse avait connu des incendies assez violents. Faut-il s’attendre à ce que la saison des incendies démarre de plus en plus tôt ?

Nous sommes dans une phase de dérèglement climatique extrêmement forte. Je crois qu’il va falloir adapter notre stratégie toute l’année, puisqu’on peut avoir de la sécheresse maintenant à n’importe quelle période. On parle des incendies mais il y a aussi d’autres types de dérèglements climatiques, je pense aux tempêtes et aux inondations.