Corse : ce que l'on sait du post Facebook injurieux à l'encontre de la veuve du préfet Erignac

Des élus nationalistes corses ont dénoncé la publication sur Facebook d'un message injurieux visant Dominique Erignac, veuve du préfet assassiné.

Dominique Erignac lors de la cérémonie en hommage à son mari, le préfet Claude Erignac, le 6 février 2018 à Ajaccio (Corse-du-Sud).
Dominique Erignac lors de la cérémonie en hommage à son mari, le préfet Claude Erignac, le 6 février 2018 à Ajaccio (Corse-du-Sud). (AFP)

Les tensions ne s'apaisent pas en Corse. Les élus nationalistes ont dénoncé, lundi 12 février, le message injurieux visant Dominique Erignac, la veuve du préfet assassiné. Le parquet d'Ajaccio a annoncé, la veille, avoir ouvert une enquête après la publication de ce post, sur un compte attrobué à l'ex-chef du Front de libération nationale corse (FLNC). Franceinfo revient sur ce que l'on sait de cette affaire.

Dominique Erignac a été visée par des injures sur Facebook

Un message comparant la veuve du préfet Claude Erignac aux femmes françaises ayant collaboré avec les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, a été publié sur Facebook, mercredi 7 février, vers 2 heures du matin. Soit quelques heures après le discours prononcé, mardi à Ajaccio, par la veuve du préfet Claude Erignac lors de la cérémonie d'hommage à son mari. Ce message a été diffusé sur le compte Facebook Di l'altu pianu

   
    (FRANCE 3 VIASTELLA)

ALe parquet a ouvert une enquête

Le procureur de la République d'Ajaccio a annoncé, dimanche 11 février, avoir ouvert dès jeudi une enquête contre X sur le message injurieux publié par Di l'altu pianu. Il a affirmé que Charles Pieri, l'ex-chef du FNLC, pourrait se cacher derrière ce compte Facebook. "Je crois savoir en effet qu'il s'agirait de Monsieur Pieri, mais nous attendons la confirmation de cette affirmation par le réseau social, a indiqué le procureur Eric Bouillard. Il y a constitution d'une infraction pénale d'injure par voie de communication." Le procureur a précisé avoir effectué un signalement d'abus pour "offense" auprès du réseau social. Un signalement auquel le réseau social a fait droit puisque le message a été retiré samedi.

Charles Pieri, figure de la violence clandestine, a ressurgi dans l'actualité insulaire en participant à la réunion de préparation de la grande manifestation à l'appel des nationalistes, organisée le 3 février. Il a également annoncé il y a deux semaines "reprendre une place de responsable dans l'exécutif" du parti Corsica Libera de Jean-Guy Talamoni, qui est le président de l'Assemblée de Corse.

Les nationalistes ont dénoncé "une publication particulièrement choquante"

Les nationalistes corses ont rapidement pris leurs distances avec le message attribué à Charles Pieri. "Le contenu de ce texte, injurieux et profondément choquant, est inacceptable, a réagi Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, dans un communiqué publié dimanche 11 février. Il est contraire à ce que nous sommes aux plans philosophiques, éthiques et politiques."

Le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a réagi à son tour, lundi 12 février. Dans un court communiqué publié sur son compte Twitter, il a dénoncé les propos injurieux contre Domique Erignac. "Quel qu'en soit l'auteur, je n'en partage évidemment pour ma part ni la forme ni la teneur, a écrit Jean-Guy Talamoni. Je rappelle que l'action politique que nous conduisons s'inscrit historiquement dans une démarche de respect des individus et des peuples."