Coronavirus : ce qu'il faut savoir avant de programmer un séjour en Corse ou en Outre-mer

Après plusieurs semaines d'incertitudes, l'horizon touristique commence à se dégager en Corse et dans certains territoires d'Outre-mer. Focus sur ce que l'on sait à ce stade.

 Un promeneur contemple le paysage des calanques de Piana (Corse-du-Sud), le 14 mai 2019.
Un promeneur contemple le paysage des calanques de Piana (Corse-du-Sud), le 14 mai 2019. (JEAN-BAPTISTE PREMAT / HANS LUCAS)

Les règles concernant les voyages vers la Corse et vers certains territoires d'Outre-mer font l'objet de questions récurrentes posées par les internautes via le dispositif #OnVousRépond mis en place par franceinfo. Ces règles ont en effet évolué ces dernières semaines. La cellule Vrai du Faux fait le point sur ce que l'on sait à l'approche de l'été. 

En Corse, pas de tests systématiques, à ce stade, conditionnant l'entrée sur l'île

Alors que le tourisme représente en Corse 31% du PIB, le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, souhaitait qu'un "green pass" basé sur un test Covid négatif, conditionne l'entrée sur l'île de toute personne non résidente.

Un rapport d'étape du 7 mai détaillant un plan de sortie progressive du confinement et approuvé par l'Assemblée de Corse envisageait la mise en place de "certificats sanitaires" à compter du 23 juin. Invité de France Inter le 10 mai, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait indiqué être favorable à des mesures qui prennent en compte "la spécificité de la Corse, son caractère d'île et la saisonnalité de son activité", tout en indiquant ne pas être certain que "les tests tels qu'ils ont été proposés par Gilles Simeoni et la Collectivité territoriale" soient la bonne solution"

Le 19 mai, des professionnels de santé insulaires et continentaux avaient quant à eux appelé dans une lettre ouverte à la "régulation" des personnes qui viendront en Corse cet été, craignant "un rebond de l'épidémie" de Covid-19 aux "conséquences dramatiques" du fait notamment du "nombre de lits limité" sur l'île. 

De leur côté, les professionnels du tourisme appelaient -et appellent toujours- à ne pas décourager les réservations, dans un contexte où la perte de recettes de l'avant-saison est estimée à un milliard d'euros par le Conseil exécutif. Le 29 mai, Gilles Simeoni a déclaré devant l'Assemblée de Corse que sa proposition de passeport sanitaire était "sur la table, perfectible, susceptible d'être modifiée", et qu'il n'avait "pas la volonté ou les moyens d'imposer à quiconque" ce "green pass". Son principe n'a pas été retenu par le gouvernement lors des annonces de la deuxième phase du déconfinement début juin.

Plus de restrictions des déplacements aériens vers la Corse

Durant la durée du confinement, des arrêtés préfectoraux avaient limité "aux seuls cas indispensables" le transport de passagers au départ et à l'arrivée des ports et aéroports corses. Des dérogations préfectorales devaient être présentées pour entrer ou sortir de Corse.

Fin mai, un premier décret d'application concernant les mesures prises pour encadrer le déconfinement avait laissé entendre que les trajets aériens entre le continent et l'île resteraient limités à des motifs "impérieux" familiaux et professionnels. Devant le tollé suscité par cette mesure, le gouvernement avait finalement modifié le décret et levé les restrictions de vols.

Des mesures restrictives à ce jour maintenues vers les Outre-mer

Depuis le début de la deuxième phase du déconfinement le 2 juin et jusqu'à la prochaine phase le 22 juin, les mesures de restriction sur les déplacements entre la métropole et les Outre-mer sont maintenues. Il faut toujours justifier d'un motif impérieux de déplacement. 

Tous les passagers doivent, à l'embarquement, fournir une déclaration sur l’honneur attestant du motif de leur déplacement, accompagnée d’un justificatif, ainsi que d'une déclaration attestant qu’ils ne présentent pas de symptôme d’infection de Covid-19 et qu’ils n’ont pas connaissance d’avoir été en contact avec un cas confirmé dans les 14 jours qui précèdent le vol. Le maintien des mesures de quatorzaine est par ailleurs la règle.

Un assouplissement des mesures à l'entrée des Antilles et de la Réunion, à titre expérimental

Depuis le mardi 9 juin, est testé un protocole sanitaire spécifique pour les voyageurs en provenance de métropole et à destination de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et La Réunion. Les voyageurs sont invités, dans les trois jours qui précèdent leur vol, à réaliser des tests virologiques (RT-PCR) de détection du coronavirus. A leur arrivée, les voyageurs qui présentent les résultats d'un test négatif bénéficient d'une procédure accélérée à l'aéroport et ne sont placés à l'isolement que sept jours au lieu de quatorze.

Passée cette semaine, ils doivent pratiquer un nouveau test. S'il est à nouveau négatif, les voyageurs peuvent sortir de chez eux, moyennant le respect de mesures de précaution (port du masque, application stricte des mesures de distanciation sociale, interdiction de participer à des rassemblements et nécessité d'éviter les contacts avec des personnes à risque). Les personnes qui n'ont pas réalisé de test avant le départ doivent continuer à suivre la procédure d'accueil standard en vigueur dans les aéroports (qui prend entre trois et quatre heures), suivie d'une mesure de quatorzaine stricte, à domicile ou dans un lieu dédié. Pour réaliser un test avant le départ, les passagers peuvent s'adresser à leur médecin traitant ou directement à un laboratoire sur présentation de leur billet ou de leur réservation vers un des territoires concernés.

Des restrictions levées vers les Outre-mer à compter du 22 juin

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé lundi 8 juin que les motifs impérieux pour voyager en Outre-mer ne seront plus nécessaires à partir du 22 juin et que le nombre de vols hebdomadaires sera augmenté progressivement, dans le cadre de discussions "territoire par territoire" en fonction de l'évolution sanitaire et de la volonté des élus locaux.

La Fédération des entreprises d'Outre-mer avait appelé le gouvernement à modifier, comme il l'avait fait pour la Corse, le décret sur les restrictions de déplacement et de substituer au principe d'interdiction un principe "d'autorisation sécurisée".

La ministre a également annoncé la "suppression des plafonds de passagers", expliquant qu'actuellement, ces plafonds sont établis "autour de 200 personnes par vol", afin de limiter la propagation du virus. Une réunion est désormais prévue avec les compagnies aériennes desservant les Outre-mer, pour finaliser la nouvelle organisation des vols.