Assassinat du préfet Erignac : retour sur la traque d'Yvan Colonna

Vingt ans jour pour jour après l'assassinat du préfet Erignac, en Corse, France 3 revient sur la traque d'Yvan Colonna, accusé d'en être l'auteur.

Une dernière interview, comme un pied de nez adressé aux enquêteurs à ses trousses. Yvan Colonna va disparaître. Quinze mois après l'assassinat du préfet Érignac, le 6 février 1998, commence une traque inédite dans l'histoire de la police. Enfant du maquis, Yvan Colonna mène un combat pour l'indépendance depuis l'âge de 20 ans. Son père était pourtant un élu de la République. Il se rapproche de figures nationalistes plus radicales. Grâce à une fuite dans la presse, il apprend qu'il est le prochain dans la liste des inculpés dans le cadre de l'assassinat. Il parvient à s'enfuir quelques heures avant que l'ordre de son arrestation ne soit donné. Son père lui lance un appel désespéré. La chasse à l'homme commence, les services de renseignements sont déroutés pendant plusieurs mois, ils reçoivent des dizaines de signalements de témoins qui disent avoir aperçu Yvan Colonna en Australie, à Madagascar ou en Amérique du Sud.

Quatre ans de cavale

En réalité, il n'a jamais quitté la Corse : l'homme change régulièrement de planque, jusqu'à s'installer dans la bergerie de Frédéric Paoli. Pendant deux ans, il l'aide à faire ses fromages et à traire ses brebis. Il ne manque de rien et jouit même d'une certaine liberté. Yvan Colonna passe ses nuits dans un abri et surveille de près les informations. Après quatre ans de recherche, les enquêteurs tiennent une piste. Trahi par les courriers de ses proches, la police devinent qu'il se cache dans les environs de Propriano. Jusqu'au dernier moment, les hommes du raid auront un doute quant à son identité, tant l'homme a changé physiquement. La justice condamnera Yvan Colonna à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Érignac. Le berger purge sa peine entre les murs de la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône).

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Yvan Colonna le 2 mai 2011 lors de son procès à Paris.
Yvan Colonna le 2 mai 2011 lors de son procès à Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)