Contrôle au faciès : Valls abandonne les récépissés, mais pas la promesse de Hollande

Le ministre de l'Intérieur veut enterrer les récépissés de contrôle d'identité. Mais il n'échappera pas à un rapport sur les contrôles au faciès.

Le ministre de l\'Intérieur Manuel Valls lance les Zones de sécurité prioritaires, le 17 septembre 2012, à Vauvert.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls lance les Zones de sécurité prioritaires, le 17 septembre 2012, à Vauvert. (PASCAL GUYOT / AFP)

POLITIQUE - Manuel Valls franc-tireur ? Peut-être pas tant que ça. Après le débat sur le droit de vote des étrangers, qu'il ne juge pas urgent, le ministre de l'Intérieur aurait définitivement enterré l'idée des récépissés de contrôle d'identité, selon Libération (article payant), mercredi 19 septembre.

Mais son entourage assure qu'il n'a pas pour autant laissé tombé la promesse de François Hollande de mettre fin au délit de faciès. Dans son 30e "engagement pour la France", le candidat Hollande avait dit sa détermination à lutter "contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité par une procédure respectueuse des citoyens". Il n'évoquait toutefois pas explicitement la remise de récépissés.

Les récépissés, pas une promesse, juste une "piste"

C'est Jean-Marc Ayrault qui, en juin, avait envisagé la "piste" de travail des récépissés de contrôle d'identité pour le ministre de l'Intérieur, qui s'y est toujours montré réticent. "C'est important de ne pas contrôler trois fois la même personne (...) c'est une mesure que l'on va faire mais qui n'a rien d'extraordinaire, ça se fait ailleurs", plaidait alors le Premier ministre sur BFMTV et RMC.

Comme un demi-rappel à l'ordre, c'est le même Jean-Marc Ayrault, interrogé mercredi sur RTL, qui a annoncé qu'il avait chargé Manuel Valls de lui remettre un rapport "pour recréer de la confiance, éviter tout dérapage" entre la police et la population. "J'attends ses propositions et ensuite je prendrai mes décisions", a fait valoir le Premier ministre. Cette fois, sans mentionner les récépissés, mais la lutte contre les contrôles au faciès, promise par le président de la République.

Si ce n'est un récépissé, que propose Manuel Valls ? Le retour d'un numéro de matricule visible sur les uniformes, par exemple, semble satisfaire les syndicats de police, expliquait Le Figaro le 22 juin dernier. Par ailleurs, RTL affirmait en juillet que les agents de police "pourraient aussi porter des caméras boutons pour filmer les contrôles d'identité".