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Comment Copé prépare le lendemain du second tour à l'UMP

Le secrétaire général de l'UMP fait tout pour garder la main sur le parti en cas de défaite de Nicolas Sarkozy. Il promet la possibilité de créer des mouvements de pensée à l'UMP, une petite révolution.

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France Télévisions
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Jean-François Copé lors d'un meeting à Provins (Seine-et-Marne), le 10 avril 2012. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Comment garder la main sur l'UMP quel que soit le résultat du second tour de la présidentielle ? Jean-François Copé y répond en partie dans une interview accordée au Figaro, publiée mercredi 2 mai. Le secrétaire général de l'UMP a donc décidé de surprendre tout le monde, à commencer par ses opposants internes. Il faut dire qu'il y a péril en la demeure : l'explosion du parti majoritaire n'est plus une question taboue. Entre la Droite populaire, satisfaite de la campagne droitière du président candidat, et les modérés de l'UMP, le courant passe de moins en moins… Voici comment Jean-François Copé riposte. 

• En réunissant un bureau politique extraordinaire

L'UMP réunira un bureau politique (BP) extraordinaire dès le lundi 7 mai, quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle, a annoncé Jean-François Copé. Ce BP doit évoquer, "dans la foulée" de la présidentielle, "le lancement de la campagne des législatives" de juin et "proposer d'installer un comité national de campagne en liaison, cela va de soi, avec notre président" Nicolas Sarkozy, a souligné le secrétaire général de l'UMP.

• En permettant la création de mouvements au sein de l'UMP

Dans l'interview au Figaro, Jean-François Copé a également anticipé les éventuelles fortes secousses de l'après-6 mai dans le parti en annonçant, vraie révolution, que les "sensibilités" auraient désormais le droit de s'organiser en "mouvements", dans ce qui pourrait être la préfiguration d'une nouvelle UMP. La reconnaissance de ces mouvements est écrite noir sur blanc dans les statuts de l'UMP mais, depuis sa création en 2002, aucun de ses dirigeants (Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian puis Xavier Bertrand) n'avait autorisé leur émergence. Seuls trois courants ont pu cohabiter (Droite populaire, Droite sociale, Droite humaniste), mais sans pouvoir réel sur la direction du parti.

Aussitôt, Jean-Pierre Raffarin a annoncé que les "humanistes" de l'UMP allaient se constituer en "mouvement" au sein du parti, se félicitant de l'"appel de la diversité" lancé par Jean-François Copé. 

Mais cette initiative ne réjouit pas tout le monde au sein du parti présidentiel. Le député UMP Damien Meslot, proche de Xavier Bertrand, a exhorté mercredi Jean-François Copé à "se concentrer sur le 6 mai" et "la victoire" de Nicolas Sarkozy à qui il reviendra, "seul", de "donner les orientations qu'il souhaite pour l'UMP". "L'heure doit être à la mobilisation totale pour que Nicolas Sarkozy gagne le second tour et non à préparer l'après-présidentielle", estime le député, jugeant "indécent" de la part du secrétaire général de l'UMP "de parler comme si on allait perdre". "On peut réfréner ses ambitions !"

Résultat : lors d'une conférence de presse organisée mercredi, Jean-François Copé a nuancé ses propos. "Il n'y a aucune urgence. Je répondais juste à une question sur l'expression de la diversité", a-t-il minimisé. "Les mouvements, ce n'est pas pour maintenant (…). J'ai lancé cette idée, il faut qu'elle mûrisse. Ce sont des demandes qui ont été régulièrement faites. Mais franchement, c'est le 6 mai qui nous mobilise, donc stop !", a-t-il répondu au sujet de ses annonces. Il s'agit, à ses yeux, "d'une approche différente de celle des courants du PS, où on le fait essentiellement pour se compter". "Chez nous, l'idée, ce n'est pas vraiment de se compter, c'est surtout de faire un travail permanent de réflexion idéologique."

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