Depuis la mort de Morgan Keane, tué il y a un an par un chasseur dans le Lot, ses proches se mobilisent : "Ça n'aurait jamais dû arriver"

Une marche blanche a lieu samedi à Cajarc (Lot) en hommage à Morgan Keane, tué il y a un an par un chasseur qui l'a confondu avec un sanglier alors qu'il coupait du bois près de chez lui. Un drame qui a depuis incité plusieurs amis de la victime à se pencher sur la place de la chasse et sur le comportement des chasseurs.

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Radio France
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Une amie de Morgan montre une photo de lui devant sa maison, le 23 janvier 2021. (ALAIN PITTON / NURPHOTO via AFP)

Morgan Keane, 25 ans, venait de perdre ses parents. Il retapait la maison familiale où il vivait avec son frère cadet. C'est là que le 2 décembre 2020, il a été tué par un chasseur alors qu'il coupait du bois à cent mètres de chez lui. Un an après, sa mort est toujours difficile a accepter pour ses amis. "Ça a été brutal, ça a été violent, confie Peggy. Tous ses amis, sa famille, on espérait le voir vieillir avec nous, connaître ses enfants, passer du temps avec lui. Il nous manque, c'est vraiment difficile. Ça n'aurait jamais dû arriver, je pense que chaque mort lié à la chasse est un mort de trop."

D'autres amies de Morgan ont voulu comprendre comment un chasseur avait pu tirer à près de 100 mètres de distance avec une visibilité réduite et sous une lumière déclinante. Elles ont ouvert un compte instagram, une page facebook et une boite mail intitulée "un jour un chasseur", où depuis un an affluent des témoignages qui révèlent un sentiment d'impunité des chasseurs. "Dans tous les cas, il y a un vrai sentiment de danger", affirme Léa, l'une des animatrices de la page. 

"Des gens disent 'on s'est retrouvé au milieu d'une battue et on a dû faire demi-tour', 'on s'est fait menacer par un chasseur parce qu'on n'était pas au bon endroit' ou 'on a tué notre chat'... Des incidents comme ça, il y en a tous les jours."

Léa, proche de Morgan

à franceinfo

Léa explique aussi que dans certains cas, les gendarmes n'interviennent pas. "Il y a des gens qui nous écrivent qu'ils sont allés porter plainte et que les gendarmes leur ont dit 'on ne va pas prendre votre plainte', ou 'ça sert à rien', ou 'ne vous inquiétez pas, les chasseurs savent ce qu'ils font, il n'y a pas de problème', poursuit-elle. On a souvent des gens qui nous écrivent en nous disant 'j'ai appelé les gendarmes, ils ne sont jamais venus'."

Ne pas mettre "tout le monde dans le même sac"

Sur place, les chasseurs reconnaissent qu'il y a eu une faute de celui qui a tiré. Mais même s'il s'agissait d'une battue organisée par une société de chasse, André Manié, le président de la Fédération départementale des chasseurs du Lot, récuse toute responsabilité collective. "On fait régulièrement des formations sur la sécurité, on ne peut pas faire plus, rétorque-t-il. Vous savez, certains écoutent, pas tous. Le chasseur a été mal posté peut-être."

"Il y a sûrement quelques chasseurs qui font peut-être un peu ce qu'ils veulent, mais la majorité des chasseurs essaient de respecter les règles de sécurité et il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac."

André Manié, président de la Fédération départementale des chasseurs du Lot

à franceinfo

L'auteur du coup de feu, mis en examen pour homicide involontaire, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Son procès devrait avoir lieu en 2022. Les proches de la victime se retrouveront eux ce samedi 4 décembre lors d'une marche blanche à Carjac, dans le Lot, pour ne pas oublier Morgan Keane.

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