Chasses traditionnelles d’oiseaux jugées illégales : "Ce n’est pas de la chasse, c’est de l’art", proteste le président de la Fédération nationale des chasseurs

Le problème de ces chasses, selon les associations écologistes qui s'y opposent, est que d’autres oiseaux risquent d’être visés au passage, et que ces espèces sont en forte diminution.

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Radio France
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Le Conseil d'Etat à Paris le 5 août 2021 (illustration). (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

Le Conseil d'Etat interdit plusieurs méthodes de chasses traditionnelles d'oiseaux qu’il juge "illégales". Une décision saluée par les associations de protection des animaux mais vivement critiquée par les chasseurs, comme Willy Schraen. Sur franceinfo vendredi 6 août, le président de la Fédération nationale des chasseurs estime que "ce n’est pas de la chasse, c’est de l’art." Il assure qu’il se battra "jusqu’au bout" pour ces chasses populaires et en appelle au soutien du président de la République.

franceinfo : Comment réagissez-vous à cette décision du Conseil d’Etat ?

Willy Schraen : Il est hors de question qu'on laisse tomber des choses aussi importantes. On parle de traditions, de chasses dites traditionnelles. Ce sont des chasses qui n'ont pas d'impact sur la biodiversité, qui ont été imaginées par des gens qui nous ont précédés, à une époque où il n'y avait pas d'armes à feu, où il n’y avait que de petits moyens. Dans ces chasses, vous avez une technique qui consiste à attraper un oiseau avec un petit lacet, qu'on a fabriqué avec le crin de la queue d'un cheval. Ce n'est pas de la chasse, c'est de l'art. C'est l'histoire de la France. C'est pour ça que l'Europe laisse la possibilité à ces chasses, qui sont des identités de nos terroirs et de nos territoires, de perdurer. Bien sûr, on peut prendre un fusil, et on a le droit de tuer tous oiseaux les dans le ciel. Mais quelqu'un qui pratique ces chasses, il en tuera dix, cent fois moins qu'un chasseur classique avec son fusil.

Les associations écologiques estiment que ces pratiques pouvaient s'entendre en temps de guerre ou de disette, mais pas dans une société où on fait cela pour le loisir. Car le problème, selon elles, est que d’autres oiseaux risquent d’être visés au passage, et que ces espèces sont en forte diminution. Que leur répondez-vous ?

Le Conseil d'État juge depuis 1979 ces chasses traditionnelles. Pas une seule fois, nous n’avons perdu. Les choses n'ont pas changé. Les espèces n'ont pas changé, les modes de chasse n'ont pas changé, les quotas ont même fortement diminué. Et aujourd'hui, on nous dit que non, on ne peut pas passer le quota, cela ne va pas. Jamais je n'accepterai cela. Moi, j'incarne une partie de la ruralité et je me battrai jusqu'au bout. Ce n'est pas un problème juridique. C'est un problème aujourd'hui de notre identité, de nos valeurs rurales.

Combien de vos licenciés pratiquent-ils ces chasses traditionnelles ?

Pas beaucoup. Quelques milliers. Mais est-ce que le nombre devrait faire qu'on ne devrait pas pratiquer ces chasses ? Évidemment, une grande partie des chasseurs français chassent plutôt le grand gibier. Mais moi, je me battrai pour ces chasses populaires. C'est quelque chose qui se transmet de père en fils, de grand-père en petit-fils depuis des siècles. Certaines se pratiquaient déjà dans le Sud-Ouest de la France par les Grecs ou par les Romains. Mais ne nous trompons pas, les chasses traditionnelles n'ont pas été reconnues comme illégales. C'est l’arrêté qui porte sur les quotas qui a été rejeté au Conseil d'Etat. Donc j’en appelle au président de la République, qui doit garantir effectivement que ces chasses traditionnelles soient bien maintenues et perdurent notre pays.

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