Chasse du grand tétras : les fédérations de chasseurs vont demander au gouvernement" qu'il ne soit pas chassé "cette année"

Pour France nature environnement, cette annonce "est le signe qu'un dialogue est possible" avec les chasseurs.

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Radio France
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Un grand tétras. Photo d'illustration. (PHILIPPE CLÉMENT / MAXPPP)

"Cette année, l'année a été très mauvaise pour la reproduction du grand tétras et donc l'ensemble des fédérations de chasseurs vont demander au gouvernement qu'il n'y ait pas de chasse cette année", a annoncé samedi 18 septembre sur franceinfo Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs.

>> Plusieurs manifestations attendues samedi partout en France contre l'interdiction de chasses traditionnelles d'oiseaux

Les chasseurs vont manifester dans plusieurs villes de France pour défendre des chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'Etat, et alors que le gouvernement vient de faire un geste envers cet électorat très courtisé. "C'est une mobilisation des chasseurs qui pratiquent des chasses traditionnelles et de ceux qui les soutiennent et qui trouvent qu'on en a ras-le-bol d'être emmerdés pour des chasses qui sont bien encadrées, qui sont très contrôlées et qui ont été autorisées pendant 25 ans par le Conseil d'Etat", a tâclé le conseiller politique.

"Les chasses traditionnelles ne nuisent en aucun cas à la biodiversité et aux espèces parce que les espèces dont on parle sont chassées au fusil, sans quota et sans limite."

Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs

à franceinfo

"Le grand tétras est chassé là où il y en a beaucoup parce qu'on protège son biotope, assure Thierry Coste. C'est pour ça que dans les Pyrénées il y en a et que dans les Alpes et les Vosges il n'y en a presque plus alors qu'on a interdit depuis 20 ans" de les chasser.

Un dialogue "est possible" avec les chasseurs

Pour Arnaud Schwartz, président de France nature environnement, l'annonce de la non chasse du grand tétras est "intéressante" : "C'est le signe qu'un dialogue est possible". Selon lui, "les chasseurs sont des humains et rares sont les humains qui n'ont pas un lien avec la chasse. D'une façon ou d'une autre. L'élevage n'est que la poursuite de la chasse. Les personnes qui sont végétariennes ou vegan essaient d'avoir un autre rapport aux animaux, mais parmi elles, certaines ont des positions radicales et je peux entendre que chez les chasseurs cela puisse provoquer un blocage ou une envie de ne pas tendre la main pour dialoguer."

"On a envie de trouver des bases de dialogue rationnel, scientifique et d'aller ensemble dialoguer avec les autorités."

Arnaud Schwartz, président de France nature environnement

à franceinfo

Les chasseurs sont prêts à dialoguer pour que les choses évoluent. "Les fédérations de chasse travaillent avec les fédérations de protection de la nature et cela se passe très bien, assure Thierry Coste. Lorsque le dialogue est constructif on arrive à s'entendre. Le drame c'est que là on frôle la caricature. Ceux qui se mobilisent le plus ce sont des associations qui rêvent d'interdire la chasse. Comment voulez-vous que les chasseurs disent OK. On peut être raisonnable avec des gens qui veulent nous écouter, mais on ne peut pas discuter avec des ayatollahs qui veulent notre mort."

France nature environnement regroupe aussi bien "des chasseurs, que des personnes qui sont contre la chasse et d'autres qui se questionnent et essaient de faire valoir le droit de l'environnement. Sur les sujets de la chasse traditionnelle, on a affaire à une évolution de la sensibilité de notre société. Il y a beaucoup de personnes qui trouvent ces pratiques cruelles. Le droit évolue aussi en fonction de ça au fur et à mesure du temps."

Chasse : débat entre Thierry Coste et Arnaud Schwartz
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