Cinq questions sur le courrier piégé qui a fait une blessée au bureau du FMI à Paris

L'explosion a légèrement blessé une employée du siège parisien du Fonds monétaire international, jeudi.

Des policiers montent la garde devant le siège parisien du FMI, le 16 mars 2017.
Des policiers montent la garde devant le siège parisien du FMI, le 16 mars 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)
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Une jeune femme a été légèrement blessée, jeudi 16 mars en fin de matinée, dans l'explosion d'un colis piégé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI). Cette employée a été brûlée aux mains et au visage, "sans qu'il y ait le moindre risque quant à sa vie", a précisé sur place le préfet de police de Paris. Franceinfo revient en cinq questions sur cette affaire

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Quel dispositif explosif a été utilisé ?

L'explosion s'est produite peu avant midi, dans les locaux de la représentation du FMI en France, située au 66 avenue d'Iéna, dans le 16e arrondissement, non loin de l'Arc de Triomphe. Une assistante de direction, qui ouvrait un courrier, a été blessée. "Il semble que ce soit un engin pyrotechnique ou un gros pétard. C'est quelque chose de relativement artisanal. Ce n'est en rien une bombe", a expliqué le préfet de police de Paris, Michel Cadot.

L'engin a détoné à l'ouverture du colis, qui avait été envoyé par La Poste au siège du FMI. Les dégâts sont par ailleurs "assez limités dans le bureau", où se trouvaient trois personnes, selon le préfet de police.

Dans quel état se trouve la victime ?

L'assistante de direction a été "blessée au visage par des éclats, ainsi qu'un blast aux tympans et est actuellement en traitement, sans qu'il y ait le moindre risque quant à sa vie ou à une urgence absolue", a précisé Michel Cadot. Une source policière ajoute qu'elle souffre de "quelques brûlures".

Qui est chargé de l'enquête ?

Le parquet antiterroriste a été saisi de l'enquête de flagrance, notamment ouverte pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). "La cible et le mode opératoire" rendent cette saisine "logique", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP.

Quelle est la piste privilégiée ? 

Selon une source judiciaire, citée par franceinfo, des résidus de timbres grecs ont été découverts sur le colis piégé. L'enquête "s'oriente plutôt vers la piste d'un groupe anarcho-autonome", rapporte une source policière à l'AFP. Une source policière grecque affirme que les enquêteurs français ont également établi que le colis avait été expédié d'Athènes.

Quelles sont les réactions politiques ?

Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a condamné un "acte de violence lâche". Cette attaque "ne doit pas nous faire dévier de ce que nous avons à faire en tant qu'institution et à servir la communauté comme nous sommes engagés à le faire", a-t-elle ajouté dans l'après-midi, lors d'un sommet économique à Francfort (Allemagne). 

Pour François Hollande, il n'y a pas de doute, cette explosion est "un attentat". "Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu'au bout, a promis le président de la République, en déplacement à Toulon (Var). Nous sommes toujours visés. Là, en l'occurrence, c'est le Fonds monétaire international, mais c'est en France, c'est la France. (...) Nous sommes directement concernés."

Alors que le garde des Sceaux avait estimé, mercredi, que le gouvernement avait "créé les conditions qui rendent possible une sortie de l'état d'urgence", François Hollande a déclaré que l'état d'urgence "devait être prolongé jusqu'au 15 juillet".