Bruno Le Maire a indiqué jeudi que le revenu des agriculteurs français avait progressé de 66% en moyenne en 2010

"Cela va dans la bonne direction" mais "pour tous les agriculteurs de France, c'est d'abord un rattrapage, parce qu'ils ont connu en 2009 une crise épouvantable", a déclaré le Ministre sur France 2.Pour le nouveau président de la FNSEA Xavier Beulin, cette hausse "masque une toute autre réalité", soit "une baisse de 5% chaque année depuis 5 ans".

Bruno Le Maire, au 4 V sur le plateau de France 2, le 16 décembre 2010.
Bruno Le Maire, au 4 V sur le plateau de France 2, le 16 décembre 2010. (France 2)

"Cela va dans la bonne direction" mais "pour tous les agriculteurs de France, c'est d'abord un rattrapage, parce qu'ils ont connu en 2009 une crise épouvantable", a déclaré le Ministre sur France 2.

Pour le nouveau président de la FNSEA Xavier Beulin, cette hausse "masque une toute autre réalité", soit "une baisse de 5% chaque année depuis 5 ans".

"Beaucoup d'agriculteurs vont tomber de leur chaise quand ils vont voir ces chiffres", a expliqué Xavier Beulin, lors de la conférence de presse qui a suivi son élection à la tête du premier syndicat agricole français.

"Quand je vois ce qui se passe dans la production porcine, dans la production laitière, dans la production bovine, les éleveurs vont être désabusés et se demander s'ils ne sont pas sur une autre planète", a-t-il ajouté. "Ca montre aussi que la volatilité, ce n'est pas un vain mot", a-t-il ajouté.

Même tonalité du côté de la Confédération paysanne pour qui la hausse moyenne de 66% des revenus agricoles "ne veut rien dire", tant sont "énormes et injustes" et les disparités entre les paysans. Elle souligne par ailleurs que la baisse des récoltes liées aux intempéries du début d'année ayant fait grimper les prix, la viticulture a vu ses revenus reculer de 2% en 2010.

Pour Guy Vasseur, le président des Chambres d'agriculteurs, cette évolution en dents de scie est "difficile à vivre pour les agriculteurs". "Comment envisager des investissements, des projets, l'avenir avec une telle instabilité des cours des produits que nous achetons et des prix des produits que nous vendons?

Pour tenter de répondre à cette instabilité, des contrats entre producteurs et acheteurs seront mis en place au 1er janvier, mais seulement dans les secteurs du lait et des fruits et légumes. D'une durée minimale de 3 à 5 ans, ils fixeront à l'avance les volumes et les prix auxquels seront achetés les produits.

Les chiffres

Selon le ministère de l'Agriculture, le revenu agricole a progressé en moyenne de 66% cette année, après avoir baissé de 34% en 2009 et de 20% en 2008. Cette remontée, liée en grande partie à l'envolée du prix des céréales, ne rattrape cependant pas le retard accumulé et masque de fortes disparités selon les productions.

Concrètement, le revenu annuel moyen, qui comprend les aides européennes et françaises perçues par les exploitations, a progressé de près de 10.000 euros pour s'établir à 24.400 euros, se rapprochant du record de 28.500 de 2007.

Pour Bruno Le Maire : "Ce n'est que justice"

"Ce n'est que justice que les producteurs en France, toutes productions confondues, aient enfin un meilleur revenu pour leur travail", a souligné le ministre de l'Agriculture.

Il explique cette hausse par des facteurs conjoncturels, comme l'embargo russe sur les céréales qui a fait remonter le cours du blé, et à l'action du gouvernement, notamment auprès de la Commission européenne, pour "l'obliger à intervenir sur les marchés".