Ce que l'on sait de l'enlèvement d'Osnachi, petit garçon de 2 ans retrouvé sain et sauf

La disparition du petit garçon de 2 ans, dimanche à Marseille, avait fait l'objet d'une "alerte enlèvement". La vigilance d'une cliente d'un hôtel de Valence (Drôme) a permis à la police de le retrouver et d'interpeller son ravisseur présumé.

Le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, et le directeur-adjoint de la police judiciaire, Eric Arella, le 5 mai 2019 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, et le directeur-adjoint de la police judiciaire, Eric Arella, le 5 mai 2019 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)

Osnachi, un petit garçon de 2 ans victime d'un enlèvement, dimanche 5 mai à Marseille (Bouches-du-Rhône), a été retrouvé sain et sauf dans la soirée dans un hôtel de Valence (Drôme), avec l'homme qui l'avait enlevé. La disparition de l'enfant, à la mi-journée, avait fait l'objet d'une "alerte enlèvement" diffusée dans tous les médias.

Un enlèvement dans le centre de Marseille

L'enlèvement s'est déroulé en plein centre de Marseille, dans le quartier de la Canebière, à 12h40. L'enfant a échappé à la vigilance de sa mère alors que cette dernière assistait à un office religieux dans une salle de prière évangélique quand l'enlèvement a eu lieu, a précisé à la presse le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux. Il s'est alors "retrouvé dehors".

Après avoir été reconnus sur des images de vidéosurveillance, Osnachi et son ravisseur ont ensuite été vus peu avant 15 heures à la gare Saint-Charles de Marseille, où les enquêteurs ont perdu leur trace, malgré l'aide d'un chien pisteur.

Un ravisseur inconnu de la famille

L'homme qui a enlevé le petit garçon n'est "ni le père, ni un oncle, ni un membre de la famille", a appris franceinfo de source proche de l'enquête, lundi. Il ne s'agit pas d'un enlèvement intrafamilial, selon les premiers éléments recueillis. L'homme, interpellé quelques heures après le déclenchement de l'alerte enlèvement, avait prétendu lors de sa première audition être le père de l'enfant, mais cette piste semblait déjà difficilement crédible, selon une source policière jointe par franceinfo. "Il ne connaissait pas son prénom", confirme le commandant Claude Bourrelly, chef de l'Etat-major à la direction départementale de la sécurité publique de la Drôme. La mère, qui ne parle pas français mais anglais, n'a pas reconnu cet homme sur des photos qui lui ont été présentées.

Dans un communiqué partagé dans la foulée de l'alerte enlèvement, les autorités précisaient que le suspect était "un homme de type européen mesurant 1,80 m, blanc de peau avec une barbe naissante de corpulence très mince, âgé d'environ 35 ans". Sur des images de vidéosurveillance, les enquêteurs ont repéré Osnachi "sur la Canebière avec un homme âgé d'une quarantaine d'années, porteur d'une barbe et qui semble alcoolisé", a indiqué le procureur de la République, Xavier Tarabeux. Selon France Bleu Auvergne-Rhône-Alpes, le suspect est un habitant de Marseille de 24 ans. L'homme a déjà été condamné pour des vols, il est sans profession ni ressources et vit chez ses parents, selon le magistrat.

Une interpellation sans violence

L'alerte enlèvement a été déclenchée vers 22h30. Dans un hôtel de Valence (Drôme), une cliente fait le lien entre la description relayée par les médias et un client accompagné d'un jeune enfant. Elle prévient le veilleur de nuit de l'établissement, qui lui-même appelle la police."C'est une dame qui a vu l'alerte enlèvement, je n'ai pas de poste de télévision en bas et l'alerte n'était pas encore passée à la radio", a raconté le veilleur de nuit au micro de France Bleu Drôme Ardèche. "Nous avons regardé l'alerte ensemble pour que je puisse voir aussi le visage de l'enfant. Grâce à elle, on a pu prévenir la police pour qu'ils puissent le récupérer."

"Une dizaine de policiers se rendent sur place peu avant minuit. Ils interviennent très discrètement. Le veilleur de nuit leur ouvre la porte de la chambre où séjournent le suspect et l'enfant. Le petit garçon est en train de dormir", a rapporté France Bleu. "L'enfant se portait totalement bien, il n'avait pas l'air d'être soucieux de quoi que ce soit. Donc, sur le moment, impossible de voir véritablement qu'il y avait quelque chose", a précisé le veilleur de nuit.

Le suspect s'est laissé interpeller sans trop de résistance. "Il a tenté de refermer la porte quand il a vu les uniformes", explique le commandant Claude Bourrelly. "Le petit garçon était en train de dormir quand nous sommes entrés dans la chambre", poursuit-il. Il était calme et ne tenait pas de propos incohérents.

Garde à vue et audition en cours

Le ravisseur, qui a commencé à être auditionné, est toujours en garde à vue dans les locaux de la Direction interrégionale de la police judiciaire de Marseille, en charge de l'enquête. Une mesure qui peut durer 48 heures. "Dans ses premières auditions, il a dit avoir trouvé anormal qu'un enfant soit seul dans la rue", a expliqué le procureur, qui assure qu'il est "trop tôt" pour savoir dans quel but l'homme a conduit l'enfant à Valence.

Osnachi n'a pas subi de violence et "va bien", selon Xavier Tarabeux. Les premières constatations, qui doivent être confirmées par un examen médico-légal plus approfondi lundi après-midi, n'ont pas montré de traces de violences. Il a été récupéré par sa mère lundi matin et devrait retrouver le squat de migrants où il vivait dans la cité phocéenne. Un bâtiment appartenant au diocèse, dont les occupants et les soutiens associatifs ont témoigné lundi leur soulagement.