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Accusé d'avoir touché de l'argent pour des cours qu'il n'a pas donnés, Luc Ferry a tenté dimanche de contre-attaquer

"Cette affaire est totalement grotesque. Je fais partie des 70.000 décharges de service public en France, selon le dernier rapport de la Cour des comptes", déclare le philosophe au Parisien.Reprenant le même argument que la veille dans une interview diffusée dans sur France 2, M. Ferry soutient "qu'il n"y a rien d"amoral, ni d"illégal !"
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L'ancien ministre de l'Education national, Luc Ferry, répond à des journalistes, à Stains, le 26 mars 2004. (AFP - Joel Saget)

"Cette affaire est totalement grotesque. Je fais partie des 70.000 décharges de service public en France, selon le dernier rapport de la Cour des comptes", déclare le philosophe au Parisien.

Reprenant le même argument que la veille dans une interview diffusée dans sur France 2, M. Ferry soutient "qu'il n"y a rien d"amoral, ni d"illégal !"

Interrogé sur la date de cette polémique, l'ancien ministre est affirmatif: "Tout simplement parce que j"ai eu l"audace de briser un tabou il y a quelques jours. Point à la ligne. Franchement, sans être paranoïaque, je sais que j"ai des ennemis. Il y a une concomitance des choses qui est assez claire. On cherche à me discréditer pour étouffer l"affaire en faisant croire que je suis un guignol. Les gens qui apprennent ça doivent se dire: "Quel salaud, ce Ferry !".

Le Canard enchaîné a révélé que l'ancien ministre avait touché environ 4.500 euros mensuels net de la faculté pendant l'année 2010-2011, sans donner de cours.

Vendredi soir, Matignon a annoncé sa décision de rembourser à l'université ces salaires, dans la mesure où Luc Ferry préside le Conseil d'analyse de la société (CAS), organisme rattaché au Premier ministre, où il perçoit une indemnité de 1.700 euros.

Cette prise en charge n'a rien d'inhabituel selon le philosophe, défendu sur ce point par le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino, qui y a vu dimanche soir "une pratique administrative normale", un "arrangement pas scandaleux".

Rien à voir avec un emploi fictif, dit Ferry
Invité à s'expliquer samedi sur RTL, Luc Ferry a affirmé que son travail n'avait "rien à voir, ni de près ni de loin, avec un emploi fictif".

Affirmant qu'il effectuait "un vrai gros travail" pour les rapports qu'il fournissait au Conseil d'analyse de la société qui dépend de Matignon et qu'il n'avait "évidemment pas" été rémunéré, le philosophe enchaînait: "Les services de Matignon doivent évidemment compenser auprès de mon université (Paris 7) le traitement qu'elle m'a versé au cours de l'année".

L'ancien ministre répondait indirectement au député Yannick Favennec (UMP, Mayenne) qui s'est 'interrogé samedi sur l'opportunité d'un tel remboursement: "Je ne comprends pas pourquoi un contribuable -puisque quand on dit Matignon, c'est le contribuable- doit rembourser des cours à l'université qui n'ont jamais été donnés (...) Je peux vous dire que sur le terrain, j'ai des réactions de la part de nos concitoyens que ça choque aussi profondément et qui s'interrogent sur les raisons de ce remboursement".

Pour la socialiste Ségolène Royal, Luc Ferry "aurait intérêt à rembourser sur ses propres deniers les cours" universitaires qu'il n'a pas donnés. "J'ai rencontré hier un chômeur qui m'a dit 'moi, quand j'ai reçu une indemnité de chômage en plus à cause des délais informatiques, j'ai dû immédiatement rembourser'", avait-elle affirmé un peu plus tôt, évoquant une mésaventure similaire vécue par une "personne retraitée".

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