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A Roubaix, Eva Joly (re-re)relance sa campagne

Créditée de 2% dans les sondages, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts peine à imposer les thèmes de son programme. Nouvelle tentative aujourd'hui, via un meeting traditionnel dans le Nord. 

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France Télévisions
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Eva Joly au 36ème Congrès France Nature Environnement à Montreuil près de Paris le samedi 28 janvier 2012. (WOSTOK PRESS/MAXPPP)

Il y a ceux qui font planer le doute sur leur candidature pour attiser la curiosité. Ceux qui annoncent leur candidature à répétition pour occuper le terrain. Et ceux qui passent leur temps à (re)lancer leur campagne. Eva Joly appartient à la troisième catégorie. "On a une spécificité, c’est qu’elle est la candidate qui est en campagne depuis le plus longtemps, donc on a notre propre rythme", se défend d'emblée Stéphane-Sitbon Gomez, son directeur de campagne.

Préférée à Nicolas Hulot lors de la primaire écolo le 12 juillet 2011, la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts doit faire un grand meeting "de lancement de campagne", samedi 11 février, à Roubaix (Nord). C’est le quatrième "lancement" du genre. Retour sur les précédents.

Premier lancement : la solitude

Samedi 20 août 2011. Gymnase Fleury de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), chaleur torride. Eva Joly tient son premier meeting de candidate en terrain conquis, au cours des universités d’été du parti. Dans son discours, elle prône l’alternance en 2012, parle autant économie qu’écologie et prévient les socialistes : elle n’est "pas candidate au ratissage des voix écologistes pour [leur] compte" . Mais elle est alors la seule candidate à la présidentielle officiellement déclarée.

Solitude, aussi, au sein de son propre camp. Daniel Cohn-Bendit n’assiste pas au meeting, lui qui doute de la pertinence même d’une candidature écologiste à l’élection présidentielle. Son rival malheureux à la primaire, Nicolas Hulot, défait un mois plus tôt, s’est lui aussi fait porter pâle et dit adopter une "distance bienveillante" vis-à-vis du parti. Dernière embûche, une tribune sur la dette, dans Libération, de Laurence Vichnievsky, porte-parole d’EELV, qui contredit une partie du programme de la candidate.

Deuxième lancement : la discrétion

Mardi 18 octobre 2011. Le cabaret sauvage, à Paris, pluie battante. Sur le fond, rien ne bouge. Derrière ses petites lunettes rouges, Eva Joly propose une "véritable alternative" pour 2012, s’en prend à Nicolas Sarkozy, mais aussi au PS. Le candidat socialiste est maintenant connu et l’ex-magistrate en profite : "Je souris quand j'entends François Hollande reprendre, au 20 heures de TF1, ma formule de 'République exemplaire', je ne me souviens pas qu'il ait pris des positions exemplaires."

Elle oppose le "vote juste" au "vote utile", mais devant 300 personnes, cette réunion publique entamée par une table ronde d’une heure et demie n’a pas beaucoup d’écho. Cette soirée est aussi l’occasion de lancer son nouveau site et une campagne de souscription. Dans la foulée, Eva Joly s’envole pour Fukushima, au Japon, pour tenter de marquer des points dans le débat sur le nucléaire. Sans succès.

Troisième lancement : la boulette

Mercredi 11 janvier 2012. Le Bataclan, Paris, temps clément. Six mois après sa désignation, la campagne patine et la candidate dégringole même à 2% d’intentions de vote dans les sondages. Eva Joly le maintient, elle ira "jusqu’au bout" et compte sur sa "grande nuit de l’Egalité" pour "créer un sursaut". Mi-meeting mi-soirée festive, l’opération est risquée, mais correspond aux modes de mobilisation des Verts. La salle est pleine à craquer, l’équipe de campagne en rang serré et les caméras au rendez-vous.

Mais plus que le discours de Cécile Duflot, qui défend le "choix d’Eva" même "iconoclaste" ou les propos de la candidate sur "l’écologie comme projet de justice", une phrase va retenir l’attention et polariser le débat : "Je veux que les juifs et les musulmans puissent célébrer Kippour et l’Aïd-el-Kébir lors d’un jour férié." Exit le projet de société. Bonjour la polémique. Jour supplémentaire ou non, l’équipe peine à donner la même définition de la proposition. Pascal Durand, porte-parole du parti, va jusqu’à prendre ses distances : "la position d'Eva Joly n'est pas dans le programme d'EELV", explique-t-il lors d'un point presse.

Quatrième lancement : le suspense 

Samedi 11 février 2012. Salle Watremez, à Roubaix, température extérieure prévue : - 7 °C . Eva Joly doit présenter son "pacte écologique et social". Sur le fond, la candidate a effectué un certain nombre d’arbitrage et parlera de sa plateforme présidentielle, qui devrait comporter quelques différences avec le programme d’Europe Ecologie-Les Verts et "quelques nouveautés". Elle doit aussi se concentrer sur ses propositions "qui font la différence", dixit Stéphane Sitbon-Gomez. A savoir, l’écologie comme "réponse, vraie solution" à la crise actuelle, et les thématiques autour de l’Europe ouverte.

Sur la forme, "c’est le premier d’une série de meetings dans le format le plus traditionnel", temporise son directeur de campagne, "il ne faut pas le surdramatiser ni le minimiser". Et d’espérer modestement "le début du tournant".  

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