VIDEO. Opération Sentinelle : un nouveau dispositif "plus flexible, plus mobile, moins anticipable", selon la ministre des Armées

Florence Parly a détaillé, vendredi 15 septembre sur Europe 1, la façon dont l'exécutif va faire évoluer le dispositif Sentinelle.

EUROPE 1

"Il n'y aura pas de militaires en moins." Invitée d'Europe 1, vendredi 15 septembre, la ministre des Armées a affirmé que l'opération Sentinelle ne sera pas réduite. Sentinelle mobilise actuellement 7 000 militaires et 10 000 en cas de crise. Florence Parly a toutefois confirmé le changement de formule de l'opération, annoncé jeudi par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

"Nous voulons le redéployer pour faire mieux face à la menace que nous rencontrons aujourd'hui", changer son mode d'organisation afin de gagner en mobilité, avait expliqué Gérard Collomb jeudi. Le gouvernement s'est refusé à toute projection chiffrée sur les déploiements au quotidien, laissant seulement entendre que les effectifs fluctueraient en fonction de la menace.

"Il y aura des missions aléatoires"

"Ce que nous voulons, c'est faire mieux pour être plus efficace. Comment ? En rendant le dispositif plus flexible, plus mobile, moins anticipable. C'est très important car ce que nous voulons éviter, c'est que l'opération Sentinelle soit prévisible par avance, a détaillé vendredi la ministre des Armées. Il y aura des missions aléatoires qui auront été planifiées, mais qui ne seront pas connues ni des élus ni de la population, a ajouté Florence Parly. Il s'agit tout simplement d'être au bon endroit au bon moment", a-t-elle insisté.

Concrètement, l'opération comprendra désormais trois niveaux : un "dispositif permanent" pour la sécurisation de sites sensibles (écoles, lieux de culte, etc.), touristiques, aéroports ou gares ; un "échelon de renforcement planifié" pour la protection d'événements occasionnels, sportifs par exemple, ou saisonniers (Noël, festivals, etc.) ; une "réserve stratégique" de 3 000 hommes.

"Une opération qui sécurise, qui dissuade et qui protège"

"L'opération Sentinelle, c'est une opération qui sécurise, qui dissuade et qui protège. Ces trois objectifs nous les conservons et nous ferons en sorte que ce dispositif soit plus efficace. C'est en tout cas ce que nous nous attacherons à faire avec le ministère de l'Intérieur dès aujourd'hui", a complété la ministre des Armées.

Ses déclarations interviennent alors qu'un militaire de l'opération Sentinelle a été agressé, vendredi un peu avant 6h30, par un homme porteur d'un couteau, à l'intérieur de la station de métro Châtelet-Les Halles, à Paris. Le militaire a réussi à se dégager et à interpeller l'individu. C'est la septième agression contre des militaires de la force Sentinelle, mise en place dans le cadre du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015.

Des militaires de l\'opération Sentinelle sur la place du Trocadéro à Paris, le 12 septembre 2017.
Des militaires de l'opération Sentinelle sur la place du Trocadéro à Paris, le 12 septembre 2017. (LUDOVIC MARIN / AFP)