VIDEO. Des policiers mis en cause pour avoir mis un sac en tissu sur la tête d’un mineur de 15 ans

Une enquête IGPN a été ouverte sur ces faits, indique le parquet de Paris.

Capture d\'écran de la vidéo révélée par Mediapart où l\'on voit un jeune mineur maintenu par un policier en civil, la tête couverte d\'un tissu.
Capture d'écran de la vidéo révélée par Mediapart où l'on voit un jeune mineur maintenu par un policier en civil, la tête couverte d'un tissu. (MEDIAPART / YOUTUBE)

Un mineur de 15 ans, qui avait eu la tête recouverte d'un sac en tissu par des policiers lors d'une arrestation par erreur en mars à Paris, a porté plainte pour violences et une enquête judiciaire menée par l'IGPN est en cours, indique mercredi 8 mai le parquet de Paris.

Cette affaire a été révélée mercredi par Mediapart qui publie une vidéo de cette interpellation, le 9 mars dans le 20e arrondissement de la capitale. Sur les images, l'adolescent apparaît la tête recouverte d'un sac blanc, menotté et maintenu contre le mur dans la rue par des policiers en civil.

Une enquête ouverte le 26 mars

Ce soir-là, l'adolescent "est accosté par un inconnu qui lui propose un billet de 50 euros en échange d'un sac à récupérer auprès d'un autre individu. Effrayé, le lycéen refuse cette proposition" et entre dans un fast-food où il rejoint des amis, selon le récit de Mediapart, confirmé à l'AFP par l'avocat du garçon, Alexandre-M. Braun. C'est alors que deux hommes "le contraignent à les suivre", "sans décliner leur identité", l'insultent, le frappent au visage et lui recouvrent la tête d'un sac en tissu, a rapporté l'adolescent au site d'information.

Selon la préfecture de police citée par Mediapart, cet épisode s'est déroulé lors d'une opération visant à arrêter "en flagrant délit des auteurs d'un enlèvement-séquestration, suivi d'une tentative d'extorsion de fonds". Le jeune homme, mis hors de cause, a été relâché le soir-même.

Il a ensuite porté plainte contre les policiers. Une enquête a été ouverte le 26 mars pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" et confiée à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale), a confirmé mercredi le parquet de Paris. "Ce dossier soulève une question importante: combien d'affaires similaires ne sont jamais révélées, faute d'avoir eu la chance d'être filmées ?", a commenté Me Braun auprès de l'AFP.