Val-de-Marne : ce que l'on sait de l'attaque à l'arme blanche à Villejuif

L'attaque a couteau a fait un mort et deux blessés. Quant à l'agresseur, il a été abattu par les policiers.

Un homme a agressé plusieurs personnes au couteau à Villejuif (Val-de-Marne), le 3 janvier 2020.
Un homme a agressé plusieurs personnes au couteau à Villejuif (Val-de-Marne), le 3 janvier 2020. (LAURINE BENJEBRIA / FRANCE-INFO)

Il était environ 14 heures, vendredi 3 janvier, quand un individu a agressé au couteau plusieurs passants au hasard à Villejuif (Val-de-Marne), avant d'être "neutralisé" par la police. Le bilan donné en fin d'après-midi par le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, fait état d'un mort et de deux blessés. Franceinfo fait le point.

Un mort et deux blessés

C'est dans le parc départemental des Hautes-Bruyères de Villejuif, qui abrite notamment des terrains de sports et des jardins familiaux, que l'agresseur s'en est pris à plusieurs personnes. "Vers 13h45", Nathan C. a "accosté un premier passant d'un air menaçant", a indiqué la procureure de Créteil lors d'un point presse, samedi 4 janvier. L'assaillant a crié "Allah Akbar" et l'homme l'a informé qu'il était musulman. Nathan C. "lui a demandé de réciter une prière en arabe, ce qu'il a fait", a précisé Laure Beccuau.

L'agresseur s'est alors éloigné et s'en est pris à un couple qui marchait dans le parc. Il a blessé la femme au cou avec son couteau et a touché mortellement son mari, qui tentait de s'interposer, au cœur. "Poursuivant son parcours", Nathan C. a poignardé dans le dos une jeune femme qui faisait du jogging "sur la voie qui sépare le parc de la zone commerciale de L'Haÿ-les-Roses". Les blessures physiques de cette troisième victime sont "superficielles". La procureure de Créteil a précisé qu'au moins deux autres personnes, la gardienne du parc et un SDF, ont échappé à des agressions sur le parcours de l'assaillant.

Il a été "neutralisé" dans la commune voisine de L'Haÿ-les-Roses, par une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC). Face aux forces de l'ordre, il a "conservé un comportement menaçant" et "s'est livré à des gestes qui laissaient penser qu'il portait une veste explosive". Les policiers ont alors fait usage de leurs armes. La mort de Nathan C. a été constatée sur place par les secours, à 14h45.

L'assaillant se trouvait "à proximité d'un centre commercial", a précisé Vincent Jeanbrun, le maire de la commune. Des clients, qui étaient à l'intérieur, ont dû rester "confinés". Laurent Nunez a salué "la réactivité des effectifs de police" qui ont "permis de neutraliser l'assaillant immédiatement en empêchant la poursuite d'un parcours meurtrier".

L'assaillant était régulièrement hospitalisé en psychiatrie

Le parquet de Créteil a donné des précisions concernant le profil de l'assaillant. Cet homme de 22 ans, est un habitant du 14e arrondissement de Paris. Il avait "très vite été repéré comme une personne avec un haut potentiel intellectuel"mais aussi des troubles psychologiques, a expliqué la procureure de Créteil lors d'un point presse, samedi 4 janvier. Il avait été hospitalisé plusieurs fois en psychiatrie, notamment en 2019 à Sainte-Anne (Paris), et faisait l'objet d'un suivi depuis l'âge de 5 ans.

Selon Laure Beccuau, Nathan C. était "soumis à un traitement médicamenteux" à sa sortie d'un établissement hospitalier, en mai 2019. Il avait interrompu ce traitement en juin de la même année. Durant l'attaque, plusieurs témoins ont entendu l'assaillant dire qu'il était "en rupture de traitement médicamenteux"

Le parquet national antiterroriste se saisit de l'enquête

Initialement, une enquête a été confiée au service départemental de police judiciaire du Val-de-Marne. Des témoins l'ont entendu crier "Allah Akbar" à plusieurs reprises durant l'attaque. Les policiers ont par ailleurs retrouvé, près du lieu du drame, un sac lui appartenant. Il contenait "un coran, des ouvrages divers sur la religion musulmane et des ouvrages pouvant être considérés comme salafistes", a précisé le directeur adjoint chargé des brigades centrales de la police judiciaire, Philippe Bugeaud. L'agresseur y avait également laissé "une lettre testamentaire"

Nathan C., qui s'était converti à l'islam en 2017, était toutefois "inconnu du renseignement au titre de la radicalisation", a indiqué le ministère de l'Intérieur. 

Samedi soir, le Parquet national antiterroriste (PNAT) annonce se saisir de l'enquête"Si les troubles psychiatriques importants de l’auteur des faits sont avérés, les investigations des dernières heures ont permis d’établir une radicalisation certaine du mis en cause ainsi qu’une préparation organisée de son passage à l’acte", écrit le PNAT dans un communiqué. "Elles ont aussi démontré un parcours meurtrier réfléchi et sélectif de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur", ajoute-t-il.

Des nombreuses auditions, notamment celles des victimes et de plusieurs témoins, doivent avoir lieu, a aussi indiqué la procureure de la République de Créteil, Laure Beccuau. Elles devraient permettre de préciser le parcours de Nathan C., entre le 2 janvier au matin et le jour de l'attaque.