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Un gérant est en guerre contre les dealers, son magasin est visé par une tentative d'incendie

Le gérant d'un supermarché avait affiché des messages pour dénoncer la présence des dealers dans un quartier de Vannes (Morbihan). Son magasin a fait l'objet d'une attaque, dans la nuit de jeudi 5 à vendredi 6 février. 

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Le panneau anti-dealers affiché dans le supermarche de Vannes (Morbihan) qui a fait l'objet d'une tentative d'incendie. Les faits se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi 6 février 2015.  (C. THOMAS / DR)

Ne lui parlez pas de coïncidence. Le supermarché géré par Claude Thomas a fait l'objet d'une tentative d'incendie, dans la nuit de jeudi à vendredi 6 février. Voilà une semaine qu'il scotchait des affiches sur sa vitrine, afin de dénoncer la présence de dealers dans le quartier de Kercado, à Vannes (Morbihan). "Ils vont me le payer", promet aujourd'hui le gérant, contacté par francetv info.

Des affiches humoristiques pour défier les dealers

Cet incident a lieu dans un contexte très particulier. Depuis plusieurs années, Claude Thomas est en guerre contre les dealers du quartier.Vendredi dernier, le gérant veut frapper un grand coup. Il accroche des affiches pour railler les trafiquants : "Ici, vente de drogue à prix discount". Celles-ci sont rapidement repérées. "Ils n'étaient pas contents, j'ai essuyé des insultes." Jeudi 5, rebelote. "J'ai collé deux nouvelles affiches : 'Attention, dealers méchants' et 'Dealers, acheteurs, vous êtes filmés'. Le soir, un reportage est même passé à la télé."

Le panneau anti-dealers affiché dans le supermarche de Vannes (Morbihan) qui a fait l'objet d'une tentative d'incendie. Les faits se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi 6 février 2015.  (C. THOMAS / DR)

Comme chaque matin, Claude Thomas arrive vers 7h30 au travail. "Et là, j'aperçois une poubelle près de la salle de pause. Je file à l'intérieur et je vois la vitre cassée et les murs noircis." Par chance, les dégâts sont plutôt limités. "Les auteurs ont glissé un liquide incendiaire à travers un vasistas dont la vitre est cassée. Le feu a pris mais il s'est éteint de lui-même dans l'évier", explique le commandant de police Patrick Beurel. Des barreaux métalliques protègent les lieux de toute intrusion. Vendredi matin, le magasin peut donc ouvrir comme à son habitude. "Depuis ce matin, je reçois beaucoup d'encouragements de la part des clients. Ils me disent de continuer à me battre."

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Un bras de fer engagé il y a plusieurs années

Voilà plusieurs années que les trafiquants posent problème. "Quand je suis arrivé dans ce magasin, il y a huit ans, ils étaient devant le magasin mais je les ai chassés. Maintenant, le trafic a lieu devant le centre commercial voisin. Il y a même des guetteurs de 12 ou 13 ans", poursuit Claude Thomas. Au niveau local, d'ailleurs, ce trafic est bien connu des autorités. Plusieurs condamnations ont déjà été prononcées, certains avec des interdictions de séjour à Vannes ou dans le Morbihan. Malgré tout, le commandant Patrick Beurel évoque "un réseau bien organisé. Dès qu'on coupe une branche, une autre repousse rapidement".

Pour le moment, aucun élément n'établit de lien entre les deux affaires, même si Claude Thomas "a de bonnes raisons de le soupçonner", commente le commandant Beurel. "Je comprends son irritation", ajoute ce dernier, "mais on peut s'interroger sur les moyens utilisés pour médiatiser la situation".

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