Trois questions sur le "marave challenge", un nouveau défi dangereux lancé sur internet

Un mineur est en garde à vue depuis lundi dans le cadre d'une enquête sur quatre agressions de lycéens en fin de semaine dernière à Metz. 

Capture d\'écran de la page \"Marave Metz\".
Capture d'écran de la page "Marave Metz". (FACEBOOK)

Depuis la semaine dernière, les réseaux sociaux font état de passages à tabac dans le cadre d'un "marave challenge" à Metz (Moselle). Le principe ? Des adolescents sont frappés par d'autres jeunes contre une rétribution financière pour les agresseurs. 

Quatre plaintes ont été déposées après des agressions de lycéens aux abords d'établissements scolaires à Metz la semaine dernière, et un mineur est en garde à vue depuis lundi 18 décembre. Les victimes, âgées de 16 ans à 18 ans, ont été frappées à coups de pied et de poing. A ce stade, rien ne permet de relier ces agressions à un "commanditaire, un jeu, un challenge", a déclaré un policier. Franceinfo vous en dit plus sur ce défi violent. 

1C'est quoi le "marave challenge" ?

Ce défi lancé sur les réseaux sociaux consiste à frapper en bande des lycéens au hasard avec une récompense de 10 euros pour les agresseurs. Un groupe Facebook, comptant plus de 60 membres, a été créé pour relayer les "marave challenges" à Metz, avant d'être désactivé. 

C'est "choquant et alarmant", s'inquiète Nawel, élève de première au lycée Georges-de-la-Tour. "La première fois" que le "marave challenge" a sévi, explique-t-elle, "c'était sur deux jeunes qui marchaient. Pour 10 euros, un des deux a subi une balayette et ensuite, ça a fait une bagarre générale." Et ceux qui essaient de s'interposer reçoivent le même traitement : "Ce ne sont pas des rumeurs, c'est vraiment vrai, des gens de ma classe ont essayé de défendre quelqu'un, ils se sont fait taper", raconte un autre élève du lycée. 

"Notre société va bien mal pour comprendre ce genre de comportements", a réagi le maire de Metz, Dominique Gros, par l'intermédiaire de son adjoint à la démocratie locale, Thomas Scuderi. 

2D'où vient ce "jeu" ? 

Le "marave challenge" vient des Etats-Unis, où le "knockout game", aussi appelé "knockout king", existe depuis plusieurs années. Le principe ? Toujours le même : attaquer des victimes en bande et par surprise. 

"Je dirais que c'est environ 10 à 15% des jeunes qui jouent à 'knockout king'", estimait en 2011 Aaron Davis,18 ans à l'époque, dans une interview au journal local de Saint-Louis, le Riverfront Times. Cette même année et dans la même ville, une victime du "marave challenge", Hoang Nguyen, un homme de 72 ans, a succombé à ses blessures. 

Ces derniers mois, plusieurs personnes ont subi ce genre d'attaques à Manhattan, Brooklyn et Pittsburgh, comme le rapporte CBS New York

En Europe, une autre version de ce phénomène, le "happy slapping" (ou "claques joyeuses" en français), a émergé en Grande-Bretagne dans les années 2000, rappelle la BBC, et s'est propagée en France. Cette pratique consiste à enregistrer puis diffuser des images d'agression. 

3Quel est le profil des agresseurs ? 

"On a affaire à des gamins extrêmement violents, des gamins que l'on connaît", a déclaré Hervé Niel, directeur départemental de la sécurité publique de Moselle. "Une enquête minutieuse a été diligentée [et] a amené (...) à l'identification d'un petit groupe récurrent, qu'on retrouve sur les quatre" agressions, a-t-il précisé. 

L'Education nationale, dans un rapport de 2017 sur la prévention des jeux dangereux et des pratiques violentes, souligne que les agresseurs dits "actifs" sont des enfants "souvent repérés comme ayant un fort besoin de sensations fortes, une grande impulsivité, une tendance à s’emporter", tandis que les agresseurs dits "passifs" "sont surtout entraînés par l’effet de groupe qui les pousse à devenir violents sous le regard de leurs camarades et du leader charismatique".