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Trafic de bébés roms : deux suspects mis en examen et écroués

Les deux hommes, soupçonnés d'avoir effectué deux ventes de nourrissons et d'en préparer une troisième, sont mis en examen pour "traite d'êtres humains".

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France Télévisions
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Brice Robin, procureur de la République de Marseille, lors d'une conférence de presse sur le trafic présumé de bébés roms, le 30 août 2013. (MAXPPP)

Un trafic de bébés roms a été découvert dans le sud de la France. Deux hommes ont été mis en examen et écroués, à Marseille, dimanche 1er septembre, pour "traite d'êtres humains". Francetv info fait le point sur cette affaire.

Quels sont les faits reprochés ?

Les deux organisateurs présumés de ce trafic de nourrissons encourent jusqu'à dix ans de prison pour "traite d'êtres humains" à l'égard d'un mineur, comme le précise le site Legifrance. Les deux hommes, de nationalité roumaine, sont soupçonnés d'avoir vendu à des gens du voyage deux nourrissons, l'un à Ajaccio en mai pour 10 000 euros environ, l'autre à Marseille en juillet pour 8 000 euros plus une BMW. Une troisième transaction a été déjouée à Marseille, alors que la mère était encore enceinte.

Les suspects avaient des liens familiaux avec le bébé vendu à Marseille, puisqu'il s'agit du père et de l'oncle de ce nourrisson. Ils ont été interpellés à Bastia, où "il est possible qu'ils préparaient leur fuite en Roumanie via l'Italie", selon la police. Ils vivaient dans un camp de Roms du nord de la ville.

Dans ce dossier, la notion de trafic a été retenue car les suspects "semblent avoir démarché comme intermédiaires à la fois des couples en manque d'enfant et des femmes en situation de détresse sociale, financière, à qui ils proposaient d'acheter et vendre leur bébé", selon le parquet.

Qui sont les acheteurs ?

Concernant le bébé vendu à Marseille, les acheteurs sont un couple, Carmen et Mike, âgés de 27 et 26 ans et issus de la communauté des gens du voyage. Ces derniers ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, vendredi, pour "entremise lucrative pour abandon, provocation à l'abandon et obtention frauduleuse de documents administratifs". Ils encourent deux ans de prison.

La femme a tenté d'expliquer son geste. "Je ne peux pas avoir d'enfant, j'étais prête à tout pour avoir un gosse", a-t-elle expliqué à la presse vendredi devant le palais de justice. "Ils l'avaient appelé Tony, le considéraient comme leur enfant, c'est comme s'ils l'avaient adopté, a expliqué leur avocat, Patrick Gontard. Ils n'ont pas le sentiment d'avoir commis un acte répréhensible et ils sont effondrés de ne plus l'avoir auprès d'eux."

Qu'en est-il de la mère de cet enfant ? 

La mère du bébé acheté par Carmen et Mike est âgée de 32 ans. Elle est déjà maman de cinq enfants. Après son accouchement, elle a quitté l'hôpital nord de Marseille, contre l'avis des médecins, et sans le bébé. Le personnel de la maternité avait d'ailleurs été interpellé par la présence permanente des "adoptants" (Carmen et Mike) au chevet de la mère.

Vivant dans un camp rom des quartiers nord, cette femme a rejoint, le jour de la vente, la Roumanie, où elle pourrait être bientôt entendue. Elle était "particulièrement triste", a souligné le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, évoquant sa "détresse".

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