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Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : qui était Abdel Malik Petitjean, le second terroriste ?

L'enquête se poursuit après le meurtre d'un prêtre dans son église, mardi. L'homme qui a accompagné Adel Kermiche a été formellement identifié, indique le parquet de Paris, jeudi.

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Photo non datée d'Abdel Malik Petitjean, identifié comme l'un des deux auteurs de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le 26 juillet 2016. (FRANCE 2)

Deux jours après l'attentat qui a visé une église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), les enquêteurs ont formellement identifié le second terroriste, jeudi 28 juillet. Il s'agit d'Abdel Malik Nabil Petitjean, un jeune homme de 19 ans. Il était fiché "S" depuis le 29 juin pour avoir tenté de rejoindre la Syrie via la Turquie, selon une source proche de l'enquête. 

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Voici ce que l'on sait de lui.

Natif des Vosges

Les enquêteurs ont remonté sa piste après la découverte d'une carte d'identité au nom d'Abdel Malik Petitjean au domicile familial d'Adel Kermiche, le premier terroriste déjà identifié. Ce second assaillant est né à Saint-Dié-des-Vosges et a vécu à Montluçon (Allier), assurent des sources proches de l'enquête. Selon La Montagne, une perquisition a été menée, mardi soir, "dans un quartier sud de Montluçon". 

Selon les informations recueillies par France 2, l'ex-compagnon de sa mère l'a reconnu et l'a élevé depuis qu'il a 6 mois. Il porte donc le nom de famille de cet homme, Petitjean.

Habitant d'Aix-les-Bains

La mère d'Abdel Malik Petitjean, interrogée par plusieurs médias dont l'AFP et France 2, a indiqué que le domicile familial, situé dans un quartier HLM rénové d'Aix-les-Bains (Savoie), avait fait l'objet d'une perquisition de 23 heures à 3 heures, dans la nuit du mardi au mercredi, avant qu'elle ne soit auditionnée pendant le reste de la nuit. 

La perquisition a été menée conjointement par le Raid, la Sous-direction anti-terroriste (Sdat) et la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lyon. Abdel Malik Petitjean réside dans cet appartement depuis un an et demi.

Parti en Turquie pour tenter de rejoindre la Syrie

Abdel Malik Petitjean est repéré en Turquie le 10 juin. Il rentre en France le lendemain, mais les autorités turques le signalent seulement quinze jours plus tard à la Direction générale de la sécurité intérieure. La DGSI émet aussitôt une fiche "S", pour "biper" le jeune homme, c'est-à-dire le repérer à son retour de Turquie. Les services de renseignement ne savent pas qu'il est revenu en France, comme l'explique France 2 qui détaille son parcours.

Attentat à Saint-Étienne-du-Rouvray : le second assaillant formellement identifié
France 2

Lorsqu'il est parti en Turquie le 10 juin, Abdel Malik Petitjean n'était pas seul. Un autre homme se trouvait avec lui. Fiché "S", il a été refoulé à la frontière et immédiatement renvoyé vers la France. Il a été interpellé mercredi soir, selon L'Obs et France info.

"Prêt à participer à un attentat", selon des services antiterroristes

Selon une source proche de l'enquête, l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) avait diffusé, le 22 juillet, une note dans laquelle elle disait avoir reçu une information sur un individu "qui serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national". Un document accompagné de la photo d'un homme dont les enquêteurs trouvent à présent qu'elle ressemble fortement à Abdel Malik Petitjean.

Ce sont les prélèvements ADN effectués sur sa mère qui ont permis son identification formelle. Car Abdel Malik Petitjean n'avait pas fait l'objet de condamnations et la justice ne disposait pas de ses empreintes ni de son ADN. Trois personnes de son entourage ont été placées en garde à vue mercredi. Ces gardes à vue "devraient permettre de recueillir des éléments sur le profil du tueur. Rien à ce stade ne dit que ces personnes ont quelque chose à voir avec la tuerie", a précisé une source proche de l'enquête.

Par ailleurs, l'agence Amaq, l'organe de propagande du groupe Etat islamique, a diffusé, le 27 juillet, une vidéo des deux futurs preneurs d'otages prêtant allégeance au chef du groupe jihadiste Abou Bakr Al-Baghdadi.

Une autre vidéo d'allégeance, où Abdel Malik Petitjean apparaît seul, avait été visionnée dès dimanche 24 juillet par les services de renseignement, selon Le Monde. A l’écran, un homme ressemblant fortement à la photo de la fiche de l’UclatLe quotidien affirme que la vidéo se trouvait sur un téléphone saisi "au cours d'une perquisition administrative chez un homme visé par une fiche 'S'". Les enquêteurs l’ignorent encore : il s’agit d’Abdel Malik Petitjean, que personne ne soupçonne à ce moment-là de préparer un attentat. Elle a été "partagée sur un groupe privé de la messagerie sécurisée Telegram, dont est membre l'homme visé par la perquisition", selon la source proche de l'enquête citée par Le Monde.

Un "bon Français, doux", selon sa mère

La mère d’Abdel Malik Petitjean a déclaré ne pas croire en la culpabilité de son fils. "C'est un bon Français. Il est doux. Je connais mon gamin, je connais mon fils, il n'est pas impliqué du tout, a-t-elle confié, mercredi, à France 2. Il n'est pas du tout le monstre qu'on essaye de nous faire croire." "On est des musulmans normaux", ajoute sa mère.

Saint-Étienne-du-Rouvray : le second tueur identifié ?
FRANCE 2

Elle affirme aussi qu'il n'a jamais tenté d'aller en Syrie et qu'il n'a aucune sympathie pour le groupe Etat islamique : "Il pense comme moi, on ne comprend pas ces gens." Selon elle, il a vendu son ordinateur pour "payer son permis".

Son dernier contact avec son fils date de mardi, le jour de l'attaque. A 7 heures, Yasmina Boukezzoula confie avoir reçu le message suivant : "Maman, ne t'inquiète pas tout va bien, je t'aime. Fais dodo." Il était parti en covoiturage chez son cousin à Nancy, selon elle. Elle a précisé avoir passé le week-end avec lui auparavant.

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