Thalys : Ayoub El Khazzani mis en examen et écroué pour une attaque "ciblée et préméditée"

Conformément aux réquisitions du parquet, le jeune Marocain de 25 ans a été placé en détention provisoire dans la nuit de mardi à mercredi.

Photo non datée d\'Ayoub El Khazzani, le jeune Marocain de 25 ans mis en examen pour l\'attaque du Thalys commise le 21 août 2015. 
Photo non datée d'Ayoub El Khazzani, le jeune Marocain de 25 ans mis en examen pour l'attaque du Thalys commise le 21 août 2015.  ( AFP )

Ayoub El Khazzani, qui a ouvert le feu dans un train Thalys, a été mis en examen et écroué dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 août, pour une attaque "ciblée et préméditée" qui aurait pu déboucher sur un carnage.

Le jeune Marocain de 25 ans a été mis en examen pour tentatives d'assassinat, association de malfaiteurs et détention d'armes, le tout en relation avec une entreprise terroriste, selon une source judiciaire. Conformément aux réquisitions du parquet, il a été placé en détention provisoire.

Un billet de 1ère classe réglé en liquide

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a qualifié de "fantaisistes" les dénégations du suspect. Ce dernier a affirmé avoir trouvé fortuitement les armes dans un parc de Bruxelles (Belgique), où il dormait avec d'autres SDF, et avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys Amsterdam-Paris.

Ayoub El Khazzani, signalé pour islamisme radical par les services de renseignement d'Espagne, pays où il a vécu plusieurs années, a été maîtrisé vendredi 21 août par des passagers alors qu'il sortait des toilettes du train, armé d'un fusil d'assaut et de neuf chargeurs pleins, d'un pistolet Luger, d'un cutter et d'une bouteille de 50 cl d'essence.

Le jeune homme, qui a réglé en liquide les 149 euros de son billet Bruxelles-Paris en 1ère classe, avait refusé de prendre un train précédent. Une fois à bord, il a consulté une vidéo de prêches jihadistes sur son téléphone portable, activé le matin même, technique connue pour éviter tout repérage. 

Des perquisitions à Bruxelles

La suite de l'enquête, sous l'autorité de juges d'instruction, devra s'attacher à déterminer "la provenance des armes", le "parcours" de l'assaillant, ainsi que "les complicités dont il a bénéficié", a souligné François Molins.

La police belge a mené, lundi soir, deux perquisitions à Bruxelles, dans le quartier populaire de Molenbeek-Saint-Jean, pour tenter de déterminer les "lieux de séjour" d'Ayoub El Khazzani, selon le parquet fédéral. Des perquisitions menées chez sa sœur à Bruxelles ont notamment permis d'établir qu'il y avait séjourné "très récemment", ce qu'il nie, assurant avoir vécu dans un jardin public.

Si le projet meurtrier d'Ayoub El Khazzani a échoué, "nous devons nous préparer à d'autres assauts et donc nous protéger", a mis en garde, mardi, François Hollande.