Attaque dans le Thalys : quatre nouveaux éléments sur Ayoub El Khazzani

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a donné mardi sa première conférence de presse sur l'affaire.

Des policiers scientifiques examinent le Thalys attaqué, le 21 août 2015 à Arras (Pas-de-Calais).
Des policiers scientifiques examinent le Thalys attaqué, le 21 août 2015 à Arras (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le parcours d'Ayoub El Khazzani se précise. Quelques jours après l'attaque contre le Thalys, le procureur de la République de Paris, François Molins, a donné, mardi 25 août, de nouveaux détails sur le parcours et l'équipement du tireur, Ayoub El Khazzani. Une information judiciaire a été ouverte notamment pour "tentatives d'assassinats" à caractère terroriste.

Francetv info détaille ces nouvelles informations.

Il était équipé d'un fusil d'assaut AKM et de 270 balles

L'assaillant du Thalys n'avait pas une kalachnikov, mais un AKM, une version plus moderne du célèbre fusil d'assaut de fabrication russe, "d'origine est-allemande" et "composée de pièces provenant d'armes différentes" selon le procureur. Pour alimenter ce fusil, le jeune Marocain était muni de 9 chargeurs, soit 270 balles de 7,62 mm.
 
Il portait également un pistolet automatique Luger de calibre 9 mm, "dont le numéro de série a été limé", un cutter et "une bouteille contenant 50 cl d'essence". Son arsenal était dissimulé dans un sac à dos et une valise à roulettes. Il affirme avoir trouvé tout ça "dans un parc public de Bruxelles où il vivait, curieusement la veille de son embarquement dans le train Thalys", a précisé le procureur.

Il a visionné une vidéo jihadiste dans le train

Ayoub El Khazzani, qui a réglé en liquide les 149 euros de son billet Bruxelles-Paris en première classe, avait refusé de prendre un train précédent. Une fois à bord, il s'est connecté à internet sur son téléphone et a écouté "un fichier audio YouTube dans lequel un individu exhortait ses fidèles au combat et à la prise des armes au nom du prophète". Activé le matin même, le portable "était clairement dédié à la commission du projet criminel", estime le procureur.

Il a séjourné "cinq à sept mois en France"

En garde à vue, Ayoub El Khazzani a affirmé avoir séjourné "cinq à sept mois" à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 2014. Il travaillait à l'époque pour un opérateur de téléphonie mobile, Lycamobile. "Il a effectivement travaillé chez nous sur un CDD de trois mois : du 3 février 2014 jusqu'au 3 avril 2014 ", avait déclaré lundi son ex-employeur, précisant avoir mis fin à ce contrat "au bout de deux mois, car les papiers qu'il avait présentés ne lui permettaient pas de travailler en France".

Après un voyage de quelques semaines en Turquie, il est revenu en Europe le 4 juin

Ayoub El Khazzani s'est rendu en Turquie et est revenu en Europe le 4 juin 2015 par un vol venant d'Antioche, une ville proche de la frontière syrienne. Il a atterri à Tirana (Albanie), après une escale à Istanbul. Le procureur précise qu'il a "nié pendant sa garde à vue s'être rendu en Turquie".